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Fodéba Keita, Aube africaine

Paris. Editions Seghers, 1965



“Littérature guinéenne.”

L'Harmattan. Paris, 2005. 175 pages
Notre Librairie.
N°88/89 Juillet-septembre 1987. Pages 188-89


Ce recueil de textes — il ne s'agit pas à proprement parler de poèmes — est constitué en grande partie de la réédition des Poèmes africains oubliés chez le même éditeur quinze ans auparavant avec deux textes en moins et un autre rajouté. Ces changements semblent bien avoir été effectués par l'auteur sous l'influence de la “négritude”. N'en prenons pour preuve que les indications musicales fournies au lecteur, comme des ponctuations, et qui ont changé depuis la première édition, se rapprochant de la “méthode” employée par Senghor dans Ethiopiques. Il nous semble que la première présentation se révélait plus pertinente et plus authentique. Quant au texte “Le maître d'école” (Kéita Fodéba était instituteur avant de fonder la troupe “Le Théâtre Africain” en 1949), rajouté dans cette réédition, il n'enrichit nullement l'ensemble.
Sans les deux textes les plus forts et les plus politisés — “Minuit” et “Aube africaine” — ce recueil serait sans grand intérêt. Dans “Minuit” Fodéba nous narre une histoire d'amour qui se termine mal mais qui lui permet de montrer chez les Mandingues l'importance fondamentale du chant, de la musique et de la danse, dont la fonction essentielle était de permettre aux vivants de maintenir le lien “avec le royaume des ombres”. Si, dans “Minuit”, l'artiste guinéen, assassiné en 1969 par Sékou Touré, ne fait qu'évoquer l'occupation française “au coeur du vieux Manding”‚ dans “Aube Africaine” il montre clairement sa position et Naman, le héros parti “quelque part au front” réaffirme dans une lettre envoyée au village “son serment de toujours “ : “se comporter avec courage et dignité pour l'honneur de son village et de sa race”. Naman sera assassiné à Thiaroye par les militaires français lors de cette tragédie que l'Histoire de France prend bien soin de passer sous silence, mais que Boubacar Boris Diop évoque dans sa pièce Thiaroye terre rouge (Ed. L'Harmattan, Paris, 1981). C'est sur cette injuste mort et sur toutes les autres que l'aube s'est levée “en libérant la Patrie africaine”. Là encore, avec ce texte comme avec tous les autres, Kéita Fodéba nous convainc qu'en pays mandingue chaque pas de danse “est une étape de l'Histoire du Mali.
Ce livre directement inspiré par la “négritude” illustre mieux que de longs discours ce que fut ce mouvement historique.
Ajoutons que l'ouvrage est illustré de dessins dus aux élèves de l'Ecole des Beaux-Arts de Conakry.

Gérard Clavreuil


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