La Guinée et le Burkina Faso

De 1960 à nos jours, quatre phases et huit hommes ont marqué les relations entre la Guinée et le Burkina Faso (ancienne Haute-Volta) :

  • 1960-1966 : Sékou Touré, F. Houphouët-Boigny, Maurice Yaméogo
  • 1983-1984 : Sékou Touré et Thomas Sankara
  • 1984-2008 : Lansana Conté
  • 2008-2010 : Moussa Dadis Camara – CNDD et Blaise Compaoré
  • 2010-2014 : Alpha Condé et Blaise Compaoré

Sékou Touré – Félix Houphouët-Boigny – Maurice Yaméogo (1960-1966). La complotite de Sékou Touré et le boomerang de  l’insulte

Les présidents Sékou Touré et Félix Houphouët-Boigny eurent des rapports contradictoires et instables, mêlant attraction et répulsion, et évoluant en dents de scie. Les rapprochements spectaculaires et les visites officielles “grandioses” furent suivis de ruptures fracassantes et de confrontations verbales, et même de menaces d’invasion militaire (après la chute de Kwamé Nkrumah).

Maurice Yaméogo (1921-1993), premier président de la Haute-Volta (1960-1966)
Maurice Yaméogo (1921-1993), premier président de la Haute-Volta (1960-1966)

Le creux de la crise se produisit  le 18 juin 1965. Dans un article intitulé “Avec Houphouët et Senghor, un difficile ménage à trois”, le journaliste Sennen Andriamirado dépeint la dégradation — déshonorable  pour tous les acteurs — des liens entre trois anciens dirigeants du RDA : Félix Houphouët-Boigny, Sékou Touré et Maurice Yaméogo.

Le 20 avril 1960, Sékou Touré dénonce un « monstrueux complot » dans lequel, accuse-t-il, la Côte d’Ivoire, la France et le Sénégal ont trempé. En particulier, ses deux voisins auraient ouvert des camps militaires à des comploteurs de part et d’autre du territoire guinéen. A Dakar, et à Bamako, les dirigeants de l’éphémère fédération du Mali (Sénégal et Soudan occidental) protestent. Le chef du gouvernement fédéral, Mamadou Dia, n’en ordonne pas moins l’ouverture d’une enquête. On découvre de fait — fût-ce a posteriori — l’étrange passage à Tambacounda (Sénégal oriental) d’un officier parachutiste français. Dans le cercle de Kédougou, trois dépôts d’armes sont découverts dans des villages frontaliers : Dinnde Fello, Bakaouka. Côté ivoirien, un collaborateur d’Yves Guéna, alors haut-commissaire à Abidjan, est suspecté d’avoir organisé une opération : réputé aventurier, Jacques Achard est chargé des renseignements généraux auprès de Guéna, qui le disculpera par la suite. Les enquêtes ordonnées par Houphouët font néanmoins état de fréquents séjours d’officiers et de sous-officiers français (des « paras »), ainsi que de la présence d’armes dans certains villages frontaliers de la Guinée.
Fin 1962, le chef de l’Etat ivoirien est invité en Guinée par son ancien lieutenant. Lequel, pour sa part, se rend au Sénégal.
C’est l’époque de deux complots contre Félix Houphouët-Boigny (1962-1963). Les relations s’étaient détériorées entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Plus tard, Houphouët déclarera solennellement : « Je crois en mon âme et conscience à une collusion entre MM. Sékou Touré et Kwame Nkrumah, dans leur tentative de masquer au regard des masses de leurs pays respectifs et du monde extérieur leur retentissante faillite dans le triple domaine politique, économique et humain. » Les pays de l’OCAM (Organisation commune africaine et malgache) — en tête desquels la Côte d’Ivoire — font alors campagne pour le boycottage du sommet de l’OUA (Organisation de l’unité africaine, née en mai 1963) que devrait accueillir le Ghana. Les invectives vont céder la place aux insultes sur les antennes des radios nationales de la région.
Sékou Touré qualifie de « commis voyageurs de la division » les chefs d’Etat et ministres qui parcourent l’Afrique pour expliquer l’objet de l’OCAM et dénoncer les activités subversives du Ghana. Personnellement pris à partie, Félix Houphouët-Boigny ne bronche pas : il ne peut pas « croire que son jeune frère Sékou Touré ait pu tenir de tels propos ».
Mais le chef d’Etat voltaïque, Maurice Yaméogo,  répond le 2 juin 1965 :
« Un homme comme Houphouët, lorsqu’il est insulté, n’a pas le droit de répondre. Son audience constitue la meilleure réponse aux âneries de ceux qui veulent pourtant être comme lui… Ayez un peu plus de pudeur, car les Africains sont polis. »
La pudeur et la politesse ne sont hélas plus de rigueur. Sékou accuse nommément Houphouët d’utiliser « les armes du mal, le venin et le cynisme » pour entretenir « l’incompréhension entre la France et la Guinée ». Puis sont venues les calomnies, les basses allusions à la vie privée des uns et des autres. C’est encore Maurice Yaméogo qui, depuis Ouagadougou, réplique le 18 juin 1965. La vulgarité de cette réponse, de la part d’un chef d’Etat, mérite malheureusement que l’histoire la retienne. En voici des extraits :
« Mais qui est donc ce Sékou, alias Touré, qui désire tant qu’on parle de lui ? Un homme orgueilleux, menteur, jaloux, envieux, cruel, hypocrite, ingrat, intellectuellement malhonnête… Tu es le prototype de l’immoralité la plus intolérable… [NDLR : censure pour vulgarité.]
Tu n’es qu’un bâtard parmi les bâtards qui peuplent le monde. Voilà ce que tu es, Sékou, un bâtard des bâtards. Tu as honte de porter le nom de ton père. Certes, ta grand-mère maternelle est une fille de Samory Touré. Mais le père de ta mère n’était pas un Touré, mais un Fadiga… Par orgueil, tu te fais passer pour un Touré. Tu ne veux pas reconnaître ton vrai père. Tu es donc un bâtard.
A la prochaine, petit bâtard de Sékou, alias Touré. »
Même l’opposition guinéenne est essouflée d’avoir entendu un chef d’Etat africain parler de la sorte. Houphouët, lui, se tait toujours.

Houphouët-Boigny (le parrain) et Sékou Touré (le poulain) au sein du Rassemblement démocratique africain, en 1955
Houphouët-Boigny (le parrain, 1905-1993) et Sékou Touré (le poulain, 1922-1984) au sein du Rassemblement démocratique africain, vers 1953.

Puis, le 8 novembre 1965, Conakry annonce la découverte d’un nouveau complot. Le 15, sur Radio Conakry, Sékou Touré accuse le chef d’Etat ivoirien d’avoir financé le complot en « achetant une femme en Guinée pour des millions de francs ». Le 17, Félix Houphouët-Boigny, invité à s’exprimer, répond enfin lors d’une conférence de presse à Abidjan :
« Non, M. Sékou Touré, le peuple de Guinée n’a besoin ni de notre soutien moral, ni de notre soutien financier — car nous sommes pauvres malgré tout ce que l’on avance à notre endroit — pour crier son mécontentement…
Vous êtes un frère, un mauvais frère, mais un frère quand même… En votre âme et conscience, qu’est-ce que la révolution toute verbale dont vous vous gargarisez à longueur de journée et que vous prétendez avoir faite, a pu apporter à votre pays ? …
Depuis l’indépendance, combien d’hommes n’avez-vous pas fait assassiner ?… Pourriez-vous l’avouer sans baisser la tête, si tant est qu’il vous reste encore une conscience ?
M. Sékou Touré, la haine née de la jalousie vous égare, altère votre raison. Elle risque de vous pousser au crime. Ressaisissez- vous ! Ce sont les conseils d’un homme qui se souvient que vous avez été à ses côtés dans la lutte émancipatrice. Avec votre nationalisme intransigeant, tempéré d’un peu de tolérance et d’humanisme, vous pouvez encore servir la cause de l’unité africaine. »

Lire le dossier complet Sékou Touré. Ce qu’il fut. Ce qu’il a fait. Ce qu’il faut défaire sur webGuinée.

 L’accrochage Sékou Touré – Thomas Sankara

Sékou Touré accueillit avec sympathie la prise du pouvoir par les jeunes officiers de la Haute-Volta, dont ils changèrent le nom en Burkina Faso. Mais Thomas Sankara, le leader de la junte, avait une opinion moins favorable de Sékou Touré. Tout comme, du reste, les autres chefs d’Etat de gauche du continent —tous des militaires—, à savoir: Colonel Mathieu Kérékou (Bénin), Commandant Didier Ratsikraka (Madagascar), Mengistu Hailé Mariam.

Thomas Sankara (1949-1987), premier président du Burkina Faso (1983-1987)
Capitaine Thomas Sankara (1949-1987), premier président du Burkina Faso (1983-1987)

Peu après son arrivée au pouvoir, Thomas Sankara participe au Sommet franco-africain de Vittel, en 1983.

Témoin occulaire, l’ambassadeur André Lewin relate l’accrochage verbal, avant le début du sommet, entre Sékou Touré et Sankara ces termes :

Sankara était arrivé dans leur hôtel parisien en tenue de combat, bardé d’armes et de munitions ; Sékou l’avait critiqué en lui disant qu’il ne comprenait pas pourquoi le président du Burkina Faso se sentait tellement menacé à Paris et avait besoin d’un tel arsenal, en mettant cette attitude provocante sur le compte de la jeunesse et de l’inexpérience.
Sankara répliqua vertement, en disant à Sékou Touré :
— Au moins, moi,  je ne serais jamais un révolutionnaire galvaudant peu à peu son idéal en vieillissant et en composant avec les réactionnaires.

Lansana Conté et le Burkina, 1984-2008, relations distantes et molles

Tenant compte du dialogue précédent, Thomas Sankara et ses proches ont dû réagir sans trop d’émotion à l’annonce de la mort de Sékou Touré, l’année suivante.
Colonel puis Général, Lansana Conté limita ses contacts avec les dirigeants du Burkina Faso. Il était peu enclin à  fréquenter un Sankara qui s’en prenait ouvertement à ceux — comme Conté — qu’il considérait comme incompétents et/ou malhonnêtes.
La diplomatie bilatérale Guinée-Burkina Faso ne s’améliora pas non plus après l’assassinant de Thomas et l’accession du Capitaine Blaise Compaoré au pouvoir en 1987. Conté savait que Compaoré appartenait au giron d’Houphouët-Boigny. Or, remonant  au 5 juillet 1985, un conflit personnel minait les rapports entre les présidents guinéen et ivoirien .

En effet, croyant prématurément en la victoire du Colonel Diarra Traoré au sommet de l’OUA à Lomé, Houphouët-Boigny exprima son appui à celui-ci. Il eut aussi des mots désobligeants à l’égard de Conté. Mais on sait que la tentative de coup d’Etat de l’ancien premier ministre échoua en quelques heures. Dans l’avion qui les ramenait du Togo, Conté ne se retint pas. Usant du langage le plus cru, it traita Houphouët-Boigny de tous les noms : vieux grigou, caïman, hypocrite, fourbe, menteur, sournois, etc. Ce dernier ne répondit pas à l’assaut peu diplomatique du Guinéen. Mais l’inimitié entre les deux hommes persista jusqu’à la mort d’Houphouët en 1993.

Capitaine Moussa Dadis Camara et Blaise Compaoré

En 2008, à la tête du Conseil national pour la démocratie et le développement, Capitaine Moussa Dadis Camara lance une campagne diplomatique tous azimuts : Côte d’Ivoire, Gabon, Sénégal, etc. Il n’hésitait pas à appeler le président du Sénégal,  Abdoulaye Wade, révérencieusement “Père”.

Blaise Compaoré et Capitaine Moussa Dadis Camara. Conakry, 2009
Blaise Compaoré et Capitaine Moussa Dadis Camara. Conakry, 2009

Faisant un virage de 180°, il sollicite et obtient notamment le rapprochement avec Président Blaise Compaoré. Il le reçoit à Conakry avec grand plaisir. Intéressée ou non, sa déférence vis-à-vis du chef d’Etat du Burkina Faso est indéniable. Jusqu’à l’attentat qui faillit lui coûter la vie. Ironie du sort, Ouagadougou est choisie comme son lieu d’exil. Compaoré ne fut même pas invité ou associé à la décision de mettre Général Sékouba Konaté à la tête de la transition guinéenne, durant l’année 2010. Ignorant tout des décisions le concernant, Dadis atterit et est bloqué à Ouaga contre son gré après son hospitalisation à Rabat. Il y séjourne toujours. Mais, désormais, avec la chute de son ancien pair et hôte, il doit se poser des questions sur son sort.

Opposition, Société civile et Transition guinéennes au Burkina Faso

Piloté par l’ancien numéro 3 du CNDD, le régime de la Transition s’étendit de février à novembre 2010. Durant ces mois, l’opposition, la société civile et Général Konaté portent leur choix sur Blaise Compaoré pour préparer l’élection présidentielle. Les va-et-vient officiels guinéens sont très fréquents entre les deux pays. Lire  mes blogs :

Confuse, désorganisée et guidée par l’appétit du pouvoir personnel, l’opposition est dorlotée et roulée par un “Médiateur” baisé et plein de parti-pris en la personne du président Blaise Compaoré.

Alpha Condé et Blaise Compaoré

Le second tour de l’élection présidentielle de 2010 fut précédé de violences électorales. Tenu de cinq mois après le premier, il fut entaché de tricheries et sanctionné par des complicités de toutes sortes.

Présidents Blaise Compaoré (Burkina Faso) et Alpha Condé (Guinée) à Conakry, 18 juillet 2014
Présidents Blaise Compaoré (Burkina Faso) et Alpha Condé (Guinée) à Conakry, 18 juillet 2014

Alpha Condé fut soutenu par Général Sékouba Konaté et le premier ministre Jean-Marie Doré, à l’intérieur, et par la France, la franc-maçonnerie et Blaise Comparé, à l’extérieur.

Le plan d’imposition d’Alpha Condé à la présidence bénéficia de la complicité de la Commission nationale électorale indépendante (CENI) dirigée par le général malien Toumany Siaka Sangaré. Peu après son forfait, Toumany Siaka Sangaré rejoignit le Mali, où il vit depuis lors du salaire de sa trahison. (Lire “Un général propose, un général dispose”)
Faisant preuve de démission collective la Cour suprême enfonça le clou en proclamant des résultats truqués en faveur du candidat du RPG.
Au cours de la campagne, Alpha Condé tissa outrancièrement la division ethnique, affirmant avoir le soutien de trois régions de la Guinée sur quatre. Le Fuuta-Jalon était l’exception. A supposer un instant que son déclaration était bien fondée, ses supporters constatent aujourd’hui l’incompétence de son régime et l’incapacité de M. Condé d’exercer une présidence qu’il a convoitée toute sa vie. Il se révèle inapte à en assumer la charge et les devoirs. Mais il ne manque pas, bien sûr, de profiter des avantages et des privilèges de la fonction.
Lors de son investiture il blâma Blaise Comparé, — son entraîneur et formateur —  pour ses maladresses et sa gaucherie.
Depuis lors, il a rompu son alliance avec Sékouba Konaté, Lansana Kouyaté, Jean-Marie Doré, etc.
Le voilà désormais privé de l’appui de son compatriote burkinaɓe.
Que va-t-il faire ?

Tierno S. Bah

Compaoré, Partant. Condé, Perdant !

Ouagadougou, 30 octobre 2014. Massive manifestation contre Blaise Compaoré
Ouagadougou, 30 octobre 2014. Massive manifestation contre Blaise Compaoré

Blaise Compaoré, hôte de Moussa Dadis Camara,  guide et parrain du président Alpha Condé, a payé finalement le prix de l’assassinat de Thomas Sankara et du journaliste Norbert Zongo, de l’appui à Charles Taylor, du despotisme, de l’affairisme, du népotisme et de la corruption. La force populaire a prévalu. Le dictateur est tombé. Sa chute constitute une victoire pour les Burkinaɓe. Son départ forcé est une perte cinglante pour Alpha Condé, qui devrait en tirer une leçon et y voir un avertissement personnel ! Le temps des potentats et de la  présidence à vie est révolu sur le continent.
« L’Afrique a besoin d’institutions fortes, elle n’a pas besoin d’hommes forts ! » (Barack Obama, s’adressant aux présidents du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de Guinée, et du Niger, en 2011)

Tierno S. Bah

Chute de Blaise Compaoré. Le fil de la journée

Après que des centaines de milliers de Burkinabés ont manifesté contre une révision constitutionnelle permettant au président Compaoré de rester au pouvoir, le chef de l’Etat a dissous le gouvernement et décrété l’état de siège, qu’il a ensuite levé. Un couvre-feu va être mis en place.

L’essentiel

  • Depuis mardi, des centaines de milliers de Burkinabés manifestent contre une révision constitutionnelle permettant au président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, de continuer à siéger à la tête de l’Etat. Ce jeudi, des manifestants ont partiellement saccagé l’Assemblée nationale et les députés ont renoncé à voter le texte controversé.
  • Selon l’opposition, l’armée aurait pris le parti du peuple contre le Président. Seule une unité d’élite militaire protège encore la présidence de quelques centaines de protestataires. Mais la police a tiré à plusieurs reprises sur la foule.
  • Le régime avait déjà été ébranlé en 2011 par une grave crise, provoquée par une vague de mutineries et de grandes manifestations populaires.

23h50.  Blaise Compaoré annonce qu’il annule l’état de siège qu’il avait décrété quelques heures plus tôt, dans une allocution télévisée. «Je déclare annuler l’état de siège de toute l’étendue du territoire national» dit le chef de l’Etat.

Thomas Sankara (1949-1987)
Thomas Sankara (1949-1987)

20h18. L’armée va mettre en place un organe de transition pour diriger le Burkina Faso, a-t-il été annoncé lors d’une conférence de presse. Les pouvoirs exécutifs et législatifs seront assumés par un organe de transition, avec l’objectif d’un retour à l’ordre constitutionnel «dans un délai de douze mois», selon un communiqué du chef d’état-major des armées Nabéré Honoré Traoré, lu par un officier lors d’une conférence de presse.

20h11. L’armée annonce la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale. Un couvre-feu national, de 19 heures à 6 heures, va être mis en place. Il est imposé «sur l’ensemble du territoire de 19h à 6h» pour «préserver la sécurité des personnes et des biens».

Annonce par l'armée de la dissolution du gouvernement et du parlement. Colonel Boubacar Ba est le porte-parole. A sa droite, Général Honoré Traoré, chef d'Etat-major.
Annonce par l’armée de la dissolution du gouvernement et du parlement. Le porte-parole, Colonel Boubacar Ba, lit la proclamation.  A sa droite, Général Honoré Traoré, chef d’Etat-major.
Ouagadougou. Pillage de l'hôtel de l'Independance, Hôtel Azalai
Ouagadougou. Pillage de l’hôtel de l’Independance, Hôtel Azalai

20h10. L’Union européenne «est très préoccupée par la situation actuelle et les informations faisant état de victimes» dans les émeutes qui secouent ce pays, a indiqué un porte-parole du chef de diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Norbert Zongo (1949-1998)
Norbert Zongo, journaliste (1949-1998)

20h00. L’Union africaine (UA) exprime «sa profonde préoccupation face à la situation au Burkina Faso» et a appelé au calme «toutes les parties concernées». «La Présidente de la Commission de l’Union africaine a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation au Burkina Faso et suit de très près son évolution. Elle appelle toutes les parties concernées à faire preuve de calme et de la plus grande retenue», a déclaré l’UA dans un communiqué.

La Présidente de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, a exhorté «les acteurs politiques et le peuple burkinabé à s’abstenir de tout acte de violence et à agir dans l’intérêt suprême de leur pays».

19h51. Le président burkinabè Blaise Compaoré a décrété l’état de siège, d’après un communiqué de la présidence envoyé par mail à l’AFP. «Le chef d’état-major des armées est chargé de l’application du présent décret, qui entre en vigueur à compter de ce jour», est-il écrit.

18h54. Dans une lettre datée du 7 octobre, le président Hollande mettait en garde son homologue burkinabé sur «les risques liés à un changement non consensuel de la Constitution», raconte Jeune Afrique.

8h39. C’est officiel : le président Blaise Compaoré annonce la dissolution du gouvernement et décrète l’état de siège, selon RFI.

Ouagadougou. Saccage des studios de la TV
Ouagadougou. Saccage des studios de la TV

18h35. Les tractactions politiques sont en cours. Selon l’envoyé spécial de RFI, Frédéric Garat, tous les leaders sont présents au siège de l’opposition. Des diplomates, dont l’ambassadeur français, ont également discuté avec les responsables politiques de l’opposition.

18h20. Anna Sylvestre-Treiner, envoyée spéciale de France 24, raconte : «Ce soir, la tension est un peu retombée dans les rues de Ouagadougou […] Du côté du palais présidentiel, c’est une autre histoire, les affrontements entre opposants et forces de l’ordre se poursuivraient à l’heure actuelle».

18h14. Blaise Compaoré s’apprêterait à dissoudre le gouvernement et à annoncer des négociations, selon plusieurs sources dont France24. Il aurait pris la parole à la radio pour faire ces annonces, et décreter l’état d’urgence.

18h10. Selon le site Burkina24, des manifestants se trouvent devant l’ambassade du Burkina Faso à Paris.

18h00. Le général en retraite Kouamé Lougué, à qui des dizaines de milliers de manifestants ont demandé jeudi à Ouagadougou de prendre le pouvoir, est toujours en discussion avec le chef de l’état-major Nabéré Honoré Traoré, ainsi que les plus hauts gradés du pays, selon un journaliste de l’AFP. La rencontre a commencé autour de 17 heures (16 heures sur place). Kouamé Lougué a lui-même été chef d’état-major des armées et ministre de la Défense jusqu’en 2003, date à laquelle il avait été limogé.

Bouclier de police porté par un manifestant
Bouclier de police porté par un manifestant

17h48. L’émissaire de l’ONU, Mohamed Ibn Chambas, arrivera vendredi au Burkina Faso. Il participera à une mission de paix conjointe à l’Union africaine et à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

17h46. D’après l’hebdomadaire Jeune Afrique, les responsables de l’opposition sont réunis au siège du chef de file de l’opposition à Ouagadougou.

17h26. Selon l’agence de presse Reuters, le nombre de personnes décédées dans les affrontements est de trois. Selon l’AFP, il n’y en aurait qu’une.

17h18. L’ONU annonce l’envoi d’un émissaire au Burkina Faso. Ban Ki-Moon «suit avec grande inquiétude la détérioration de la situation au Burkina Faso», a précisé son porte-parole Stéphane Dujarric.

17h14. Un général en retraite, soutenu par des manifestants, rencontre l’état-major des armées. L’opposition le perçoit comme le possible successeur de Blaire Compaoré.

17h02. Le nombre de contestataires ayant trouvé la mort dans les affrontements n’est pour le moment pas très clair, certaines sources parlant de trois à cinq morts. Plusieurs personnes ont été blessées.

16h55. Une responsable presse de l’ONG Oxfman a diffusé une photo de manifestants ayant pris le bâtiment de la télévision publique, plus tôt dans la journée.

16h50. Le président Compaoré serait introuvable, et un homme aurait été tué par balles près de la résidence du frère du Président, François Compaoré, une personnalité influente du régime, selon France 24. Son domicile a été saccagé.

16h47. Selon un éditeur du Financial Times, les médias privés burkinabés diffusent les images de milliers de manifestants dans la capitale.

16h25. Le Parti socialiste français exprime sa «très vive inquiétude»devant les événements au Burkina Faso. «Sur dix présidents africains arrivant en fin de mandat sans pouvoir se représenter, sept d’entre-eux ont indiqué vouloir se représenter en modifiant leur constitution», souligne dans un communiqué Jean-Marc Germain, secrétaire national du PS à l’international.

16h08. «L’armée est soudée avec le peuple», a affirmé Bénéwendé Sankara, une figure de l’opposition, ajoutant que «l’opposition demande la démission pure et simple du président Blaise Compaoré pour permettre de retrouver du calme, de la cohésion sociale et de la paix.»

16h00. Plusieurs émetteurs radios, dont celui de RFI, ont été coupés.

14h30. Tous les vols au départ et à l’arrivée de l’aéroport de Ouagadougou sont annulés.

14h00. La Maison Blanche fait part de sa «vive inquiétude» quant à la situation au Burkina-Faso. «Nous appelons toutes les parties, dont les forces de sécurité, à mettre fin à la violence et à retourner à un processus pacifique qui permettra de doter le Burkina-Faso d’un avenir fondé sur des bases démocratiques durement acquises», écrit Bernadette Meehan, porte-parole adjointe du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, dans un communiqué.

Libération avec AFP

Camp Boiro, Ebola et Alpha Condé

New York-Presbyterian et Columbia University Medical Center ont rendu à Dr. Craig Spencer un hommage vibrant en ces termes :

“C’est un “humanitaire dévoué ” qui “se rendit dans une zone de crise médicale pour aider une population déspérément sous-desservie.…”

Très émouvante en soi, la reconnaissance met en lumière la détresse de populations abandonnées à elles-mêmes par les gouvernants depuis 1958.  Bref, les propos résument  la faillite guinéenne.

Certains limitaient la débâcle postcoloniale à l’économie. D’autres comptaient sur le “scandale géologique” et le potentiel minier pour éradiquer “miraculeusement” la pauvreté du pays. Eh bien ! l’évidence  est aujourd’hui aveuglante : soixante années de dictature (1954-2014) ont plongé la Guinée très bas. L’Etat a longtemps renoncé et refusé de fournir les services de base : eau, énergie,  santé, éducation. Au lieu de servir les populations, il s’en est servi, violant crûment et cruellement leur droit  à une vie décente et sécurisée, en l’occurrence sanitairement.

Selon l’admirable formule d’Alioum Fantouré, “Un dictateur sort de son peuple. C’est un envahisseur intérieur …”

On peut mesurer le mal et la méchanceté d’un tyran à son acharnement à détruire le capital humain et les ressources professionnelles du pays qu’il assiège.

Pour sa part, Sékou Touré dépensa son énergie maléfique et parvint à décimer l’élite médicale de la Guinée. S’attaquant aux cerveaux de la profession, il les élimina et ruina les services de santé, par l’exil forcé, la torture et/ou l’exécution au Camp Boiro. Voici une liste partielle de ses victimes :

Exil forcé

  • Dr. Seydou Conté, de surcroît Professeur de médecine, ancien ministre, ancien ambassadeur
  • Dr. Najib Roger Accar, chirurgien, ancien ministre, le premier à déceler et à révéler au président Touré la déficience  cardiaque qui finit par le tuer sur la table d’opération à Cleveland, USA, le 26 mars 1884. André Lewin indique que Dr. Accar étaiet menacé d’arrestation il parvint à quitter la Guinée au lendemain du débarquement du 22 novembre 1970. Il parvint à tromper la vigilance de Sékou en lui montrant de (faux) certificats prouvant qu’il était atteint d’un cancer à un stade avancé !
    Se rendant compte qu’il avait été roulé, Sékou Touré son tueur professionnel, le redoutable Momo Jo Sylla, pour assassiner Accar en France en 1982. Il ne dut la vie qu’au fait qu’ayant encore gardé son masque blanc de chirurgien, il ne fut pas identifié par le tueur.
  • Dr. Diénaba Cissé
  • Le jeune médecin interviewé dans le film “La danse avec l’aveugle”
  • ……………………………………………
10 mai 1961, 11:55AM. L'Ambassadeur de la République de Guinea, Dr. Seydou Conté présente ses lettres de créance au Président John Kennedy. Oval Office, White House, Washington, D.C. (John Kennedy Presidential Library & Museum, Boston)
10 mai 1961, 11:55 AM. L’Ambassadeur de la République de Guinée, Dr. Seydou Conté, présente ses lettres de créance au Président John Kennedy. Oval Office, White House, Washington, D.C. (Source : John Kennedy Presidential Library & Museum, Boston)

Arrestation et détention arbitraires, torture

  • Dr. Henri Lorofi
  • Dr. Baba Kourouma
  • Dr. Kanfori Sanoussi, garçon d’honneur de Sékou Touré au  mariage de celui-ci avec Andrée Kourouma en 1954 à Kankan
  • Dr. Alpha Oumar Diallo, médecin-chef de Kindia
  • Dr. Ousmane Keita, pharmacien
  • Ibrahima Kandia Barry, anesthésiste

Torture et exécution

S’ils avaient vécu et pratiqué leur profession sous un autre président, ces hommes et femmes auraient contribué au développement d’un système moderne de prévention et de thérapie d’infections et de maladies endémiques (paludisme, onchocerchose, etc.), à potentiel ou à dimension épidémique (choléra, Ebola).

Lieutenant en 1969, capitaine en 1971, colonel en 1980, l’officier Lansana Conté dirigea certains des pelotons d’exécution qui fusillèrent d’innocentes victimes politiques. Sékou Touré ne sut pas qu’en élevant successivement le grade de Conté, il préparait le fossoyeur de son propre régime. En effet, à la tête du Comité militaire de redressement national (CMRN), Colonel Lansana Conté prit le pouvoir sans coup férir le 3 avril 1984, provoquant l’effondrement du PDG. L’année suivante, le 19 juillet 1985, prenant la tentative de coup d’Etat de Colonel Diarra Traoré (ancien premier ministre), le CMRN fit exécuter les principaux compagnons de Sékou Touré, tous membres ou alliés de la famille du dictateur.

Etat non grata

L’oppression, la répression et la flagrante déréliction des agents et des rouages de la république de Guinée sont devenus chroniques. Les forces dites de l’ordre prennent fréquemment les citoyens pour du gibier, tirent dans le tas, violent les domiciles et les femmes. En toute impunité ! Rien qu’en 2013, le régime d’Alpha Condé s’est rendu coupable de la mort par balles de près 60 manifestants civils non armés. Les assassins n’ont évidemment rien à craindre d’un système judiciaire corrompu et à la solde du pouvoir exécutif.

Face à cette loi du plus fort et au règne de la jungle, des groupes civils affirment désormais, un peu partout dans le pays, que la présence de l’Etat-sangsue est indésirable. Le régime de Conakry est ainsi non grata sur certaines portions du territoire. Ce rejet a pris une tournure tragique, le 24 septembre dernier, avec le massacre de la mission de “sensibilisation” sur le virus Ebola Zaire à Womé, en Guinée Forestière.

“Nous transformerons Ebola en bonheur !”

Président Alpha Condé a demandé au personnel médical retraité de bien vouloir reprendre du service et d’aider à combattre Ebola en Guinée.

Renonçant pour une fois à la démagogie, il aurait dû aller au delà des mots. Il aurait dû, par exemple, allouer des ressources financières adéquates au département de la Santé et aux préfectures touchées. Il peut notamment prélever sur le pactole de US $725 millions qu’il s’est constitué en bradant les ressources minières de la Guinée.
Hèlas, son caractère léger et son incompétence gouvernementale et administrative poussent Alpha Condé dans la direction contraire. Pire, il divague et se perd dans des monstruosités verbales. C’est ainsi qu’il a déclaré récemment devant la presse : “Nous transformerons Ebola en bonheur !
Qu’entend-il par cette aberration ? Pense-il à son profit personnel et se pourlèche-t-il les babines, salive-t-il déjà à l’annonce de financements Ebola par les bailleurs publics et privés ?

Le création à la présidence de la république, d’un ministère “de business” avec les investisseurs étrangers correspond peut-être à l’attente d’une forte injection de devises en Guinée pour lutter contre l’épidémie.

Mû par son réflexe de prédateur, sans gêne, scrupule ou retenue, Alpha Condé a attribué ce portefeuille à l’ancien argentier du Général Lansana Conté, M. Kassory Fofana. La décision suggère la continuité de la malgouvernance, ainsi que l’expertise dans le tripatouillage probable des fonds attendus. Qui se ressemble  s’assemble ! Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.
Comme par le passé, la montagne de secours international risque d’accoucher d’une souris en Guinée.

Laissés à eux-mêmes, M. Condé et son entourage vont politiser la campagne contre l’épidémie Ebola. Pour mieux se remplir les poches et garnir leurs comptes bancaires en devises étrangères.

Les conséquences d’une telle eventualité sont prévisibles, même palpables déjà. Et, contrairement au Libéria et en Sierra Léone, dont les chefs d’Etat se sentent concernés, se montrent empathiques et se sont fortement impliqués, la crise actuelle risque de laisser la Guinée encore plus affaiblie et applatie, essouflée et exsangue.

Tierno S. Bah

Back from Guinea, NYC Dr. is Ebola positive

Dr Spencer is a “dedicated humanitarian” who “went to an area of medical crisis to help a desperately underserved population. He is a committed and responsible physician who always puts his patients first.”

New York-Presbyterian Hospital/Columbia University Medical Center

A New York medical doctor who recently returned from the front lines of the Ebola epidemic in West Africa has tested positive for the deadly virus, according to the New York Times.

The man, identified as Craig Spencer by New York City Councilman Mark Levine, is in isolation at Bellevue Hospital in Manhattan.

The city health department, which did not identify Spencer, said in an earlier statement that he had returned to the United States “within the past 21 days from one of the three countries currently facing the outbreak of this virus.”

Spencer, the health department said, “presented a fever and gastrointestinal symptoms” on Thursday and was transported from a residence in Harlem to the hospital in Manhattan.

After consulting with the hospital and the U.S. Centers for Disease Control and Prevention, the statement said, officials “decided to conduct a test for the Ebola virus because of this patient’s recent travel history, pattern of symptoms, and past work.”

A federal official said the Centers for Disease Control and Prevention is readying a team of specialists for epidemiology, infection control and communications to travel to New York on Thursday night. CDC officials declined to comment.

The New York lab that conducted the preliminary Ebola test is a part of the Laboratory Response Network, a group of facilities designed to coordinate quickly with the CDC in response to public health threats. The CDC has “high confidence” in the results and is unlikely to repeat the test, the federal official said.

On Sept. 18, Spencer published a photo of himself on Facebook wearing personal protective equipment. In an accompanying post, he wrote:

“Off to Guinea with Doctors Without Borders (MSF). Please support organizations that are sending support or personnel to West Africa, and help combat one of the worst public health and humanitarian disasters in recent history.”

Dr Craig Spencer, Ebola doctor with Médecins Sans Frontières, here in Gueckedou, Guinea
Dr Craig Spencer, Ebola doctor with Médecins Sans Frontières, here in Gueckedou, Guinea

A spokesman for Doctors Without Borders confirmed that someone who had worked with the organization had recently returned to New York from an Ebola-affected country and notified the organization’s office Thursday morning about developing a fever.

“As per the specific guidelines that Doctors Without Borders provides its staff on their return from Ebola assignments, the individual engaged in regular health monitoring and reported this development immediately,” spokesman Tim Shenk said in a statement. “While at this stage there is no confirmation that the individual has contracted Ebola, Doctors Without Borders, in the interest of public safety and in accordance with its protocols, immediately notified the New York City Department of Health & Mental Hygiene, which is directly managing the individual’s care.”

The city health department’s statement said that “as a further precaution,” a team of disease detectives has already begun “to actively trace all of the patient’s contacts to identify anyone who may be at potential risk.”

“We can safely say it has been a very brief period of time that the patient exhibited symptoms,” New York Mayor Bill de Blasio said at a news conference Thursday evening. “The patient is in good shape and has gone into a good deal of detail with our personnel with regard to his actions in the last few days.”

“Very few people” were in direct contact with Spencer, and as a physician he was “quite aware” to look for symptoms after returning from West Africa, the mayor added.

Physicians volunteering with Doctors Without Borders follow strict protocols as they return from West Africa. They first travel through Europe and are debriefed in Brussels. Doctors can remain in the field for a maximum of four to six weeks, and upon return to the U.S., they are told to follow CDC guidelines. Those without any known exposure to Ebola are told to monitor their health for the 21-day incubation period, according to the organization.​

Emergency officials received a call just before noon Thursday for a sick person in Harlem, a fire department spokesman said.

The patient met Ebola risk criteria, so a special hazardous EMS unit was sent to the apartment with personnel who were fully covered in personal protective equipment. The vehicle was immediately decontaminated, said New York City EMS union president Israel Miranda.

In its statement, the city health department noted that Bellevue Hospital “is designated for the isolation, identification and treatment of potential Ebola patients by the City and State.” Earlier this month, New York Gov. Andrew M. Cuomo (D) designated Bellevue as one of eight hospitals in the state that could care for potential Ebola patients.

“New York City is taking all necessary precautions to ensure the health and safety of all New Yorkers,” the health department statement said. “The chances of the average New Yorker contracting Ebola are extremely slim.”

According to Spencer’s public LinkedIn profile, he has worked as a doctor at NewYork-Presbyterian/Columbia University Medical Center, not far from where he lives in Manhattan, since July 2011.

NewYork-Presbyterian/Columbia University Medical Center didn’t name Spencer, but in a statement described the hospitalized doctor as “a dedicated humanitarian” who hasn’t returned to work nor seen patients since his overseas trip. “He is a committed and responsible physician who always puts his patients first,” the hospital statement read.

President Obama is aware of Spencer’s case and is being updated, according to White House official who asked for anonymity because of the sensitivity of the matter.

The deadly virus is spread by direct contact with the bodily fluids of a symptomatic Ebola patient. Health department officials were in Spencer’s neighborhood this afternoon and passing out bilingual informational handouts about Ebola, according to Levine.

Three people have been diagnosed with the Ebola virus in the United States. The first, Thomas Eric Duncan, a Liberian man who traveled from West Africa to Dallas through Brussels, died on Oct. 8. Two nurses who treated him, Nina Pham and Amber Vinson, were subsequently diagnosed with the virus. Pham is being treated at a National Institutes of Health facility in Maryland. And Vinson is being treated at Emory University Hospital in Atlanta, Ga. In a statement on Wednesday, Vinson’s family said that she is now free of the virus.

Five other American patients have been treated for the Ebola virus after being evacuated from West Africa. All five have survived and been discharged from the Emory facility and the Nebraska Medical Center.

The Ebola outbreak in West Africa has killed more than 4,877 people in three West African countries, Guinea, Liberia and Sierra Leone. Doctors Without Borders, also known by its French name Médecins Sans Frontières, has been on the front lines of fighting the virus where it began in rural Guinea since March, as one of the earliest aid groups on the ground. Cases and deaths in Guinea are far lower than in Sierra Leone and Liberia.

Abby Phillip, Elahe Izadi, Lena H. Sun, Abby Ohlheiser, Brady Dennis, DeNeen Brown and Juliet Eilperin
The Washington Post

Elusive Mission : Containing Ebola in Africa

Dr. Peter Piot, the co-discoverer of the Ebola virus,  speaks during an interview with The Associated Press at his office at the London School of Hygiene and Tropical Medicine in London, Friday, Oct. 17, 2014. Piot questioned why it took the World Health Organization five months and 1,000 deaths before the agency declared Ebola an international health emergency in August.(Photo: David Azia, AP)
Dr. Peter Piot, the co-discoverer of the Ebola virus, speaks during an interview with The Associated Press at his office at the London School of Hygiene and Tropical Medicine in London, Friday, Oct. 17, 2014. Piot questioned why it took the World Health Organization five months and 1,000 deaths before the agency declared Ebola an international health emergency in August.(Photo: David Azia, AP)

Looking back, the mistakes are easy to see: Waiting too long, spending too little, relying on the wrong people, thinking small when they needed to think big. Many people, governments and agencies share the blame for failing to contain Ebola when it emerged in West Africa.

Now they share the herculean task of trying to end an epidemic that has sickened more than 9,000, killed more than 4,500, seeded cases in Europe and the United States, and is not even close to being controlled.

Many of the missteps are detailed in a draft of an internal World Health Organization report obtained by The Associated Press. It shows there was not one pivotal blunder that gave Ebola the upper hand, but a series of them that mounted.

Nearly every agency and government stumbled.

Heavy criticism falls on the World Health Organization, where there was “a failure to see that conditions for explosive spread were present right at the start.”
WHO — the United Nations’ health agency — had some incompetent staff, let bureaucratic bungles delay people and money to fight the virus, and was hampered by budget cuts and the need to battle other diseases flaring around the world, the report says.
In a statement, WHO said the draft document has not been checked for accuracy and that the agency would not comment until it was finished. WHO’s chief, Dr. Margaret Chan, did not respond to AP requests for comment, but told Bloomberg news service that she “was not fully informed” as the disaster evolved. “We responded, but our response may not have matched the scale of the outbreak and the complexity of the outbreak,” she said.

Outside experts say the point now is not to grab necks or find fault, but to learn from mistakes.

“By the time we recognized this was serious, the genie was already out of the bottle,” said Michael Osterholm, a University of Minnesota public health expert. “Nobody is to blame because everybody is to blame.”

Ebola had caused two dozen smaller outbreaks elsewhere in Africa before it appeared in the western part of the continent earlier this year, “so people were caught off guard” by its rapid spread, said Dr. Irwin Redlener, director of the National Center for Disaster Preparedness at Columbia University. “We thought we would do what we usually do and that this would come under control, but that didn’t turn out to be the case.”

Ebola Mission. Early  Blunders

The first mistake came Jan. 11 at a hospital in Gueckedou, Guinea, where the grandmother of the first two children known to have died in this outbreak sought care. It was a rare opportunity — most people just seek help from traditional healers. But instead of detecting and stopping the disease, the hospital compounded the problem: Two new chains of transmission began, among patients and health workers, and in another village.

On Jan. 27, local health officials and Doctors Without Borders missed a chance to diagnose Ebola after seeing bacteria in blood samples — they concluded cholera might be the culprit. Ebola wasn’t confirmed until March 21. By the end of the month, it had spread to Liberia.

In April, Doctors Without Borders warned that the outbreak was out of control, but a WHO spokesman insisted it wasn’t. In May, the funeral of a traditional healer in Sierra Leone spread the virus to hundreds of people.
“It was a turning point. It refueled the epidemic in Guinea and it was the start of major epidemics in Liberia and Sierra Leone,” said Dr. Peter Piot, co-discoverer of the Ebola virus and director of London School of Hygiene and Tropical Medicine.

Little went smoothly. WHO’s Guinea office was accused of not helping a team of experts get visas to that country. Some $500,000 in aid was held up by red tape.

In early July, Piot “called for a state of emergency to be declared and for military operations to be deployed,” he said.
It didn’t happen.

How Countries Fell Short

In Guinea, the ministry of health at first would give WHO information only on lab-confirmed Ebola cases, hampering the investigation. Messages to the public about the lethal nature of the disease discouraged people from seeking treatment. When masked teams arrived to disinfect hot zones, people thought they were spraying toxic chemicals and attacked them.
Early international aid was mishandled. Guinean President Alpha Condé set up a panel with the ministers of health, communications and social affairs to fight the disease, but the minister of health couldn’t formulate an effective strategy and little money was dispersed. Finally, a new committee of independent experts was appointed and funds began to flow.

In Liberia, early government messages stressed that Ebola had no cure, so sick people saw little reason to go to a hospital, and the disease spread even more. In August, the government quarantined a Monrovia slum, sparking clashes with security forces that killed a teen. Ultimately, health officials realized they couldn’t track or limit Ebola spreading in the slum. Many bodies were dumped into nearby rivers.

In Sierra Leone, the government sent politicians to warn people about Ebola rather than relying more on charitable groups and medical professionals, said Joseph Smith, a community activist in the capital city of Freetown. Some feared it was a government conspiracy to use Ebola to wipe out opposition supporters ahead of a national census planned for December.
“They believed that the whole situation was a kind of lie,” Smith said.

In Spain, where a nurse got Ebola after taking care of a patient who died of it, debate raged over whether protective gear protocols were being followed. Health workers protested about a lack of training; the government overhauled it and adopted new equipment standards.

Ebola comes to the US

On Sept. 20, Ebola made a 5,700-mile trip to the United States, when a Liberian man, Thomas Eric Duncan, flew to Dallas. His infection was confirmed on Sept. 30. Two nurses who cared for him before he died now have the disease.
The Centers for Disease Control and Prevention has been harshly criticized by many who say it offered shifting advice on protective gear to hospitals and failed to assess correctly what risk Duncan’s infection posed and to whom.
In fact, the CDC had been among the earliest responders when Ebola surfaced in Africa, sending five people to Guinea in late March and two more to Liberia in April. In late May, the situation seemed in hand and WHO advised CDC that its staff could leave.

But cases surged in June and five CDC workers returned to Guinea. In July, more went to Liberia and Sierra Leone, and to Nigeria after an Ebola death occurred there. By late August, 100 CDC staffers were tracing contacts, educating health workers, communicating with the public and training officials on how stop sick passengers from getting on planes.

Gregg Mitman, a University of Wisconsin medical historian who was in Liberia in June, said the response by CDC and others was slow, but noted that WHO and CDC had tight budgets. After the 2008 financial crisis, WHO lost more than 1,000 staff and was left with only two Ebola experts.
“We’re always quick to blame … and ask why wasn’t the CDC on top of this earlier,” he said. “But we’re not looking at the longer picture of how have we supported public health infrastructure.”
Redlener, at Columbia University, agreed.
“It shouldn’t just be WHO that we blame,” he said. “Nobody else, no other countries, were really rushing in to help.”

Marilynn Marchione, AP Chief Medical Writer
with contributions from AP reporters Maria Cheng in London; Mike Stobbe in Atlanta; Jonathan Paye-Layleh in Monrovia, Liberia; Boubacar Diallo in Conakry, Guinea; Christopher Torchia in Johannesburg, South Africa, and Jorge Sainz and Alan Clendenning in Madrid.
The Associated Press