Angelina Jolie, Israel et la Palestine

Affichée aujourd’hui sur mon mur Facebook une citation attribuée à Angelina Jolie dit ceci :

« Tous les Arabes et les Musulmans ne sont pas terroristes.
Il faut que le monde s’unisse contre Israel. »

Une recherche sur Google indique ces deux phrases datent de 2009, au moins. Elles sont reproduites, entre autres, par un site web anti-sioniste. Rappelons que le pan-arabisme est présenté comme une idéologie rivale du sionisme. Et que, résultant des conquêtes de la fin du premier millénaire (Ans 700-900), l’influence de la culture arabo-islamique est substantielle en Afrique.

Mais pour être vérifiable et authentique, la source de la citation d’Angelina Jolie doit être plus détaillée, informative.  Elle doit notamment répondre aux questions suivantes :

  • Où et quand Angelina Jolie l’a déclarée pour la première fois ?
  • Devant quelle audience ?
  • La citation s’arrête-t-elle là ?
  • Ou bien est-elle extraite d’un passage plus long ? Si oui, alors tout le texte doit être fourni.

Angelina Jolie est une super-vedette mondiale du cinéma. Mais son talent et sa profession ne lui laissent vraisemblablement que peu de temps pour se consacrer à la recherche, à la réflexion approfondie et à la publication sur l’histoire de l’humanité et des religions. Elle n’en est pas moins connue comme une personne généreuse, une mère — biologique et adoptive — qui consacre sa fortune et son art à la défense des plus vulnérables dans la vie : les enfants et les femmes.

Angelina Jolie, Brad Pitt et leurs enfants,  biologiques et adoptifs, dont l'Ethiopienne Zahara Marley
Angelina Jolie, Brad Pitt et leurs enfants, biologiques et adoptifs, dont l’Ethiopienne Zahara Marley

Cela dit, avérée ou non, la citation relève de la vérité de La Palisse, Elle est évidente et crève les yeux et l’entendement. Car la quasi-totalité des Arabes et des Musulmans aspirent à une vie de paix et d’entente, entre eux et avec les autres peuples et confessions religieuses du monde. Ils détestent la guerre et haïssent le meurtre, l’assassinat, et autres crimes.

Mais un proverbe non-africain dit qu’une seule pomme pourrie peut détériorer une charretée pleine de ce fruit.
Dans le même sens, un adage Pular déclare qu’il suffit d’une graine de néré (fermenté) peut empuantir une rivière. (Ko kenndaare wootere luɓɓinta caangol.)

A travers ces deux dictons la sagesse populaire met en garde contre la tentation — si facile — de faire des conclusions hâtives et des généralisations abusives.

Côté face d’une médaille

La phrase ci-dessus admet implicitement la pratique du terrorisme par des groupes — restreints et larges — d’Arabes et de Musulmans. Ils prétendent représenter des ensembles plus vastes et affirment agir en leur nom. Ce qui n’est pas vrai, qu’il s’agisse du MUJAO, d’Al-Qaeda, d’Al-Shaba, de Boko Haram, d’ISIL, etc. Ils tentent de prendre l’Islam en otage. Et pour arriver à leur fin, ils emploient la violence la plus extrême. Ce faisant, ils dénaturent l’Islam. La presse commerciale et certains milieux politiques ont vite fait d’assimiler ces groupes extrémistes à l’ensemble des Arabes et/ou des Musulmans. Cette propagande-là est aussi nocive que celle des terroristes, qui s’en vantent mais qui ne représentent pas l’Islam ou les Arabes.

Côté pile de la médaille

La citation — reproduite sans et hors contexte — pêche par sa condamnation de tout un pays, en l’occurrence Israel. Le tort ici, c’est qu’au lieu de s’opposer à la politique du sionisme, on rejette tous les Israéliens. On prend Israel pour un bloc fermé, une entité monolithique. En réalité, c’est une démocratie où des courants d’opinion très différents s’entrechoquent, dans la presse comme à la Knesset. Au lieu de s’appuyer sur cette diversité, certains préfèrent aiguiser la mentalité d’assiégé. A quoi sert la menace de jeter Israel à la mer ? Pourquoi nier l’Holocauste ? Tant d’hostilité braque les esprits et verse de l’huile sur le feu. L’extrême-droite israélienne et ses alliées exploitent ces slogans pour sur-armer le pays, tout en exploitant et discriminant les Palestiniens. La boucle est ainsi bouclée et l’absurde prévaut depuis 1948.

[Lire Netanyahou, président de la droite américaine ?]

Non, on ne peut ni réinventer ni réécrire l’histoire.
La solution, alors ? L’ONU l’a trouvée depuis 1974 à travers la résolution sur les deux Etats : Israel et la Palestine, voisins pacifiques, tolérants et solidaires.
Du reste, il ne faut pas oublier qu’Arabes et Juifs forment un seul et même peuple : les Sémites. Et que de leurs flancs sont issus les fondateurs des trois religions révélées : Judaïsme, Christianisme et Islam, toutes trois solidement implantées et pratiiquées en Afrique.

[Read Give Peace a Chance and Time]

Dans une logique simple mais irréfutable et digne de leur  intellect, Pape François 1er et Président BO ont, séparément, mis le point sur les I et la barre aux T. Ils rappellent qu’aucune de ces trois religions n’est exempte de violence et de préjudice. Chacune d’elle a sa part de grandeur (pour ses enseignements et ses réalisations), et de blâme (pour les crimes en son, hier et aujourd’hui). Le monde ferait bien d’écouter l’avis de sagesse et la voix de prudence et d’humilité de ces deux éminents contemporains.

Tierno S. Bah

Simandou, justice et rancoeur vaine

Publiés sur Aminata.com un certain Ibrahima Sory Touré a tenu des propos désobligeants et discourtois, qui dénotent la rancoeur, la mesquinerie, la perfidie, la méchanceté et l’ingratitude. En effet, dans le malheur, il se désolidarise, rejette et condamne sa demi-soeur, Mamadie Touré, qui fut la compagne du Général-Président Lansana Conté. Ce faisant, il apporte de l’eau au moulin de Beny Steinmez dans le scanndale des contrats miniers du Simandou. En effet le patron de BSGR avait, lui aussi, jeté un doute sur la relation conjugale entre Mme Mamadie et le défunt dictateur.

Mais la sorte verbale de M. Touré est tardive et vaine.

Et c’est dommage que Le Populaire — le journal de Conakry à la source de l’interview de M. Touré — n’ait pas cherché à vérifier les accusations auprès de sources tierces. Cela lui aurait permis  d’étoffer l’article et d’éclairer les lecteurs sur les querelles de famille et l’hostilité du sieur Sory contre sa parente.

Le journal aurait dû aussi corriger le titre en conjuguant le verbe au passé, car il ne saurait y avoir de mariage entre une personne morte et un être vivant. La relation conjugale prit fin à l’instant même du décès du vieux Général.

Ibrahima Sory semble évoluer en vase clos. Ainsi, il ne mentionne guère l’intervention de gouvernements étrangers visant à dénouer l’écheveau d’intrigues et de corruption entourant le dossier du Simandou, de 2008 à 2010.

Ainsi, par exemple, la justice de la Confédération Helvétique a ouvert une enquête à Genève.

Et les autorités fédérales américaines n’y sont pas allé de main morte. Dès que le FBI a constaté la violation de la loi dénommée Foreign Corrupt Practice Act, qui réprime la corruption étrangère sur le territoire US, les branches exécutive et judiciaires sont entrées en action. Depuis 2012, le scandale du Simandou a reçu l’attention qu’il mérite. Grâce à la diligence de la justice, les choses se sont précipitées et précisées ici aux Etats-Unis.
En conséquence, l’un des principaux acteurs impliqués dans l’affaire, le Français Frédéric Cilins, purge une peine de prison depuis l’année dernière.

[Lire Frenchman Cilins Gets Two Years ]

De même, les autorités fédérales ont procédé à la saisie des biens de Mme. Mamadie Touré en Floride. Elle a accepté aussi de coopérer avec le FBI dans la poursuite de l’enquête.

[Lire Florida Homes of Lansana Conté’s Wife Seized]

De son côté, flairant les risques pour ses activités, Beny Steinmetz a embauché des personnalités de poids comme consultants. Il s’agit de :

  1. Joe Liberman, ancien sénateur à la retraite de l’Etat du Connecticut et ancien candidat à la vice-présidence ; il fut le co-listier du candidat démocrate Albert Gore à la Maison Blanche en 2000,
  2. Louis Freeh, ancien directeur du FBI.

Du côté guinéen qu’a fait la justice  ? Que peut-elle faire aujourd’hui ?  Qu’envisage-t-elle de faire ? Réponse :  trois fois rien vraisemblablement.

Au lieu d’imiter le professionalisme et la probité des institutions étrangères, le régime du Président Alpha Condé — empêtré dans l’incompétence —  a fini par libérer M. Touré et ne semble plus s’interesser aux racines et ramification locales du contentieux. Ceal permet à Ibrahima Sory de se livrer à toutes sortes d’insinuations.
Mais ses déclarations n’atténueront pas et n’effaceront pas sa implication présumée dans le scandale.
D’une part, il semble croire que l’énormité de l’escroquerie se ramène à des conflits de personnes et de famille. D’autre part, il évoque le rôle d’Alpha Condé. A propos de ce dernier, M. Touré divague sottement lorsqu’il suggère que l’actuel président aurait pu être le parrain du mariage de Lansana Conté et de sa demi-soeur !! La démarche est gauche, désespéré et stupide, car M. Condé n’était pas au pouvoir en 2007-2008.

Ibrahima Sory devrait se livrer à un examen de conscience. Il devrait  se repentir pour son rôle —si minime soit-il— dans le vol du 21e siècle que furent les tractations et transactions autour du Simandou.

Hélas, non. Il se complait dans une innocence qui reste à prouver. Et il diabolise sa demi-soeur, aujourd’hui acculée ici en Amérique.

A mon avis, il devrait plutôt la respecter et la soutenir en ces temps d’épreuve et de vaches maigres. Ne serait-ce qu’en reconnaissance pour les avantages qu’il tira de leur consanguinité aux beaux jours et durant les années grasses de BSGR-Guinée.

De toutes les façons, l’Histoire l’a déjà condamné à travers le milliardaire soudanais, Mohamed ‘Mo’ Ibrahim, qui déclara en 2011, à juste titre,  que les Guinéens qui participèrent à la signature du contrat minier du Simandou au profit de BSGR, sont “soit des  idiots, soit des criminels, ou les deux”.
Les Guinéens empochèrent des miettes, certes. En l’occurrence quelques dizanes millions de dollars dispensés par BSGR. Mais peu après le diamantaire Israélien vendit 51% de parts d’investissements au géant brésilien Vale en échange de US $2.5 milliards. Il reçut immédiatement un chèque de US$ 500 millions.

[Lire Mining And Corruption. Crying Foul In Guinea ]

M. Touré a beau jeu de nier aujourd’hui qu’il fut un beau-frère de Lansana Conté.  Il n’en fit probablement pas moins partie du groupe dénoncé par Mo Ibrahim. L’opinion de celui-ci fit le tour de la planète sur Internet. Frappante et adéquate, sa formule résume éloquemment la faillite guinéenne.

Qu’Ibrahima Sory Touré en soit conscient ou pas, peu importe.

Les mots de “Mo’’ sonnent comme un verdict. Et ils pourraient  coller à la face et au dos de M. Touré, et lui convenir comme une paire de gants — ou de menottes.

Tierno S. Bah

Hunger and frustration at Ebola ground zero

Hunger and frustration grow at Ebola ground zero in Meliandou,  Gueckedou préfecture,  in the Forest region of Guinea. A charred kapok tree and around a dozen graves scattered amongst the mud brick houses of Meliandou are painful reminders of the toll Ebola has taken on this village in southeast Guinea.

Scientists traced the source of the worst-ever outbreak of Ebola to two-year-old Emile Ouamouno, who they believe contracted the disease while playing near the tree, home to hundreds of bats that may have been hosting the deadly virus.

The boy’s father, Etienne Ouamouno, said Emile fell ill in December 2013, and infected his sister and mother who was eight months pregnant at the time. Over a year later, having lost all his immediate family, Etienne Ouamouno has difficulty in finding words to describe his grief.

For now, his body language does the talking.

Sitting at the foot of the kapok tree, which has since been set alight by the villagers to smoke out all the bats, Ouamouno nervously lights up a cigarette and takes a number of short drags in quick succession before flicking off the ash.

Etienne Ouamouno, father of Ebola patient zero, poses for a picture in Meliandou February 4, 2015. (Reuters/Misha Hussain)
Etienne Ouamouno, father of Ebola patient zero, poses for a picture in Meliandou February 4, 2015. (Reuters/Misha Hussain)

There is a long, uncomfortable silence as he contemplates the significance of this spot. Almost 24,000 people mainly in hardest-hit Guinea, Sierra Leone and Liberia, have been infected and some 9,700 have died from Ebola as a result of the chain of transmission that started here.

“It wasn’t Emile that started it,” Ouamouno finally says in Kissi, the local language. “Emile was too young to eat bats, and he was too small to be playing in the bush all on his own. He was always with his mother.”

No Income

For Ouamouno and thousands of others in the forest region of southeastern Guinea, once the breadbasket of the West African nation, the suffering has only deepened. Ebola has left them scared, frustrated and jobless.

“There’s food on the market, but not enough money to buy it. Around 100,000 people are out of work since the mining companies closed due to Ebola,” said Jean-Luc Siblot, emergency coordinator for the World Food Programme (WFP) in Guinea.

“Closures of borders with Ivory Coast, Liberia and Mali and the lack of willingness for food transporters to come into the region meant agricultural collectives were stuck with their products,” Siblot told the Thomson Reuters Foundation.

Jobs have dried up in 91 percent of the communities surveyed by WFP in the forest region. Farmers in other parts of the country say up to 50 percent of their crop has spoiled because they could not be sold across borders.

WFP estimates that up to 1 million people do not get three meals a day and many have to sell their assets to buy food. Ebola has made this worse.

Since September, WFP has distributed over 15,000 tonnes of food aid to around 550,000 people in the forest region, including the prefectures of Macenta, Gueckedou and Kissidougou, where the outbreak was the most ferocious.

A mother and her children make palm oil in Meliandou February 4, 2015. (Reuters/Misha Hussain)
A mother and her children make palm oil in Meliandou February 4, 2015. (Reuters/Misha Hussain)

Marshall Plan

In the dense undergrowth around Meliandou, children pick mushrooms for dinner while their mothers make palm oil in the village courtyard. But palm oil alone will not feed the family, nor will it sell for enough to put food on the table.

“What we need right now is agricultural support. We need more classrooms, a church, and health posts staffed with doctors and equipped with medicine,” said Ouamouno, who started to open up with the encouragement of the village chief.

Etienne Ouamouno, father of Ebola patient zero, stands by the kapok tree where scientists say his two-year-old son might have contracted Ebola from bats in Meliandou, Guinea, February 4, 2015. (Reuters/Misha Hussain)
Etienne Ouamouno, father of Ebola patient zero, stands by the kapok tree where scientists say his two-year-old son might have contracted Ebola from bats in Meliandou, Guinea, February 4, 2015. (Reuters/Misha Hussain)

In January, global aid agency Oxfam called for a multi-million dollar post-Ebola “Marshall Plan” to help Guinea, Sierra Leone and Liberia — similar to a U.S. aid program to help rebuild shattered European economies after World War Two.

The idea was revived on Tuesday as the leaders of the countries met international donors in Brussels to discuss their response to Ebola.

Back in Meliandou, villagers were skeptical of the government’s intentions ahead of presidential elections due later this year.

The government has never done anything for us in the past, so why would they change now,” said Ouamouno, reflecting the view of many in this largely anti-government region of the country.

Misha Hussain & Katie Nguyen
Thomson Reuters Foundation