L’AVIPA s’embourbe dans la présidentielle

Mardi 6 octobre 2015 — La nouvelle vient de tomber. Le lauréat du Prix Martin Ennals 2015 est Ahmed Mansour, des Emirats arabes unis. Le gouvernement de son pays l’a empêché de se rendre à Genève pour prendre part à la cérémonie. Le prix lui a donc été attribué in absentia.

Ahmed Mansour, lauréat du Prix Martin Ennals 2015

Ahmed Mansour, Emirats arabes unis
Ahmed Mansour, Emirats arabes unis

Depuis 2006, il se concentre sur des initiatives touchant à la liberté d’expression et aux droits civils et politiques. En 2006 et 2007, il a notamment mené une campagne fructueuse en soutien à deux personnes emprisonnées pour avoir formulé des critiques sur la situation sociale aux Émirats arabes unis. Peu après, le Premier ministre a donné l’ordre de ne pas enfermer les journalistes en raison de leur travail. Ahmed Mansoor est l’une des rares voix aux Émirats arabes unis qui s’élève pour fournir une évaluation crédible et indépendante des développements relatifs aux droits humains. Il fait régulièrement part de ses préoccupations concernant les détentions arbitraires, la torture, le non-respect des standards internationaux pour des procès équitables, le manque d’indépendance de la justice, et la violation du droit international par des lois nationales.

Il a été intimidé et harcelé à de nombreuses reprises et a été emprisonné en 2011 après avoir été reconnu coupable d’avoir « insulté les autorités ». Il a ainsi été condamné à une peine d’emprisonnement de trois ans bien qu’il a été libéré après huit mois.

Depuis lors, il est privé de passeport et une interdiction de voyager a été prononcée contre lui. Le Jury du Prix Martin Ennals a publiquement demandé au gouvernement des Emirats arabes unis de lever cette interdiction et de lui permettre de voyager à nouveau.

Micheline Calmy-Rey, Présidente de la Fondation Martin Ennals commente : “Ahmed Mansoorcontinue à payer le prix de son engagement pour les droits humains dans son pays. Nous demandons à son gouvernement de lever l’interdiction de voyager prononcée contre lui.”
Source : Front Line Defenders

Le jury de sélection des finalistes et du gagnant est composé de représentants de dix organisations des droits de l’homme. Ce sont :

  1. Amnesty International
  2. Human Rights Watch
  3. Human Rights First
  4. FIDH
  5. OMCT
  6. ICJ
  7. Frontline Defenders
  8. ISHR
  9. Diakonie
  10. HURIDOCS

Récompenses Martin Ennals 2015

Des récompenses Martin Ennals ont été attribuées aux deux autres finalistes :

  • Robert Sann Aung (Myanmar)
  • Asmaou Diallo (République de Guinée)

Tierno S. Bah


Le nom de Mme Asmaou Diallo, présidente de l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (Avipa) figure parmi les trois finalistes pour l’attribution du Prix Martin Ennals 2015 .

Martin Ennals (1927-1991) fut  secrétaire général d’Amnesty International de 1968 à 1980. Il étoffa et impulsa l’organization. Son palmarès inclut notamment l’augmentation du budget et l’accroissment qualitatif et quantitatif du personnel. Sous sa houlette, Amnesty passa de 7 employés et un budget annuel US$ 25.000 à 150 travailleurs dotés d’un budget excédant 3 millions de dollars par an.

C’est une bonne nouvelle. Et je formule des voeux ardents de réussite pour  Mme. Diallo demain mardi 6 octobre à Genève, afin que le jury lui décerne le prestigieux prix. Ce sera une décoration méritée. Car le trophée ne reviendrait pas seulement à la dirigeante active de  l’Avipa. La récompanse apaisera un peu la douleur d’une mère éplorée par la mort de Mohamed Ali Conté, son fils de 33 ans, l’aîné de ses cinq enfants, qui fut assassiné dans le massacre du stade de Conakry.
— Mon fils a été tué le 28 septembre 2009. On nous a rendu son corps le 2 octobre. C’était un vendredi, déclare-t-elle.

Lire l’article Asmaou Diallo et le 28 septembre 2009… son fils, sa bataille

Depuis lors, elle se bat pour sa famille et cellles des autres victimes pour que justice soit faite. Dans la compétition finale pour cette marque de reconnaissance internationale, Asmaou rejoint deux autres finalistes :

  • Ahmed Mansour, militant des droits de l’homme aux Emirats arabes unis
  • Robert Sann Aung, éminent avocat des droits de l’homme rights du Myanmar (ex-Birmanie) .

De la bonne annonce aux faux-pas

Je déplore toutefois que Mme Diallo ait atténué le prestige même de sa nomination en mettant les pieds dans le plat de la campagne pour l’élection présidentielle.
En effet, sous sa signature, Jeune Afrique et Le Monde ont successivement publié un article intitulé “Guinée : les responsables du massacre du 28 septembre 2009 bientôt jugés ?

A mon avis, Mme. Diallo aurait dû adopter une position équidistante vis-à-vis des deux camps en lice pour la présidence de la république de Guinée. En tant que citoyenne, elle jouit, certes, du droit de vote et elle est libre de choisir son candidat ou sa candidate.
Mais sa fonction de présidente de l’Avipa l’astreint à la neutralité. Pourquoi, parce que les membres de son organisation souscrivent à des sensibilités et affiliations politique variées. Dès lors, il n’est pas certain que tous  et toutes approuvent la mention de l’Avipa dans un article sus-mentionne. Parce que, d’une part, l’écrit réflète  la propagande de M. Alpha Condé.,D’autre part, sans avoir le courage de le nommer, il attaque l’UFDG, le parti du principal rival du président sortant, et officiellement chef de file de l’opposition.

L’article de Mme. Diallo  contient plusieurs faux-pas. Je me limiterai à l’analyse des quatre suivants :

1. Inculpation vague et satisfecit prématuré

L’article se réjouit de l’inculpation —vague — de 11 membres de la junte militaire du Conseil national pour la démocratie et le développement (Cndd). Ce satisfecit est prématuré car les autorités n’ont pas daigné publier :

  1. Les documents relatifs à cet acte de la procédure judiciaire
  2. Le calendrier de l’instruction et les étapes suivantes en vue du procès
  3. L’identité des juges d’instruction
  4. La date proposée pour le procès
  5. Les mesures coercives contre les prévenus
    • détention
    • garde à vue
    • contrôle judiciaire

2. Crédit excessif pour Cheik Sako

Mme. Diallo ne tarit pas d’éloges à l’égard de M. Cheik Sako, ministre de la justice, garde des Sceaux. Elle écrit : « Si l’instruction a longtemps été laborieuse, l’impulsion du nouveau ministre de la Justice, M. Cheik Sako, a permis des progrès importants et quatorze personnes sont désormais inculpées, dont l’ancien chef de l’État putschiste Moussa Dadis Camara, aujourd’hui au Burkina Faso dans un exil qui ne dit pas son nom. » C’est à la fois généreux et naif. Car malheureusement l’article de Mme. Diallo ne mentionne pas une seule fois le nom d’Alpha Condé. Il ne réfère pas non plus à la fonction du chef de l’exécutif et premier magistrat de la république. En conséquence, on a l’impression que le ministre de la justice est indépendant et omnipotent. Hélas, il ne possède aucune de ces attributions dans le gouvernement d’Alpha Condé.
Au contraire, M. Sako sert au bon vouloir du président de la république. Or, l’occupant actuel du fauteuil présidentiel a prouvé en maintes occasions son dédain de la justice — que l’on pense un peu à la mascarade qui entacha le procès des accusés de “l’auto-attaque” contre sa maison en 2011 — et le peu de poids qu’il donne à la vie des manifestants civils. L’équivalent de plus de soixante Ali de l’opposition ont été tués par les forces de répression de M. Condé depuis 2010.
M. Condé partage ce penchant autocratique, meutrier et criminel avec Moussa Dadis Camara. Car c’est pour avoir osé protester contre les intentions présidentielles du chef de la junte que le fils de Mme. Diallo, — Mohammed Ali Conté — fut abattu au stade du 28 septembre en 2009. Ce n’est donc pas Moussa Dadis seulement qu’il faut juger. Il faudrait inclure le nom de l’actuel patron de Cheik Sako sur la liste des inculpés pour violations des droits de l’homme.
Et dire qu’il se présentait comme le Mandela et le Barack Obama de la Guinée ! Quelle dérision !

3. Un étau plus lâche que serré

L’article annonce ensuite : “L’étau judiciaire se resserre” autour de Moussa Dadis Camara. Une fois de plus, il ne faudrait pas vendre la peau du lion avant de l’avoir tué. On aurait pu parler d’un tel étau si,  entre  2010 et aujourd’hui, Dadis avait été placé sous mandat d’arrêt international, saisi par la justice, transféré et écroué à Conakry. Mais le régime d’Alpha Condé le laisse jouir d’un exil doré à Ouagadougou, capitale du pays des hommes et des femmes intègres. Preuve que la malédiction divine le frappe, la présence de Dadis n’a apporté que déchéance et destitution à ses hôtes et protecteurs burkinaBHe. Ainsi, Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré — son âme damnée — se retrouvent en exil et en prison, respectivement.
Je ne vois donc pas comment on peut raisonnablement parler d’étau à propos du sort de Dadis. Je décèle plutôt un laisser-aller et un laisser-faire complices. Sinon, Alpha Condé et Cheik Sako auraient ouvert le procès des perpétrateurs du massacre du 28 septembre 2009. Et, surtout, ils auraient autorisé le retour de Dadis afin de le faire comparaitre devant le juge pour répondre des chefs d’accusation qui le concernent. Mais, non, ils ont opté plutôt de le faire renvoyer à la case de départ… et de l’y maintenir aussi longtemps que possible.

4. Instrumentalisation et électoralisation de la justice

Mme. Diallo écrit :

«  Alors que l’étau judiciaire s’est considérablement resserré au cours des derniers mois, Moussa Dadis Camara a annoncé dans un même élan son retour en Guinée et sa candidature à l’élection présidentielle du 11 octobre. L’un comme l’autre ont été contrariés, en dépit d’une alliance scabreuse avec un parti politique dont les militants avaient pourtant payé un lourd tribut au stade de Conakry. Moussa Dadis Camara semble donc avoir abattu sa dernière carte, en laquelle il comptait pour négocier son impunité. »

Ce passage est on ne peut plus partial, partisan et sournois. En effet, sans nommer l’UFDG, il dénonce comme “scabreuse” le projet d’alliance envisagé entre Moussa Dadis Camara et Cellou Dalen Diallo. Une cascade d’évèmenents rendirent ce pacte caduc avant même l’ouverture de la campagne présidentielle.
Pour ma part, j’ai condamné cette démarche en termes catégoriques.

Lire Faute politique, Tort historique

Mais j’ai aussi clairement dénoncé la réponse d’Alpha Condé qui consista en l’instrumentatilisation de la justice, c’est-à-dire l’inculpation factice de Dadis.

Et j’ai souligné que le RPG et l’UFDG se neutralisaient et terminaient cet aspect de leur match électoraliste par un score nul : 0  but partout.

Comparaison déplacée

Mme. Diallo rappelle que la Cour pénale internationale, dirigée par Fatou Bensouda, a placé la Guinée sous examen préliminaire depuis 2009.  Et elle se console par une déclaration de la procureure de la CPI disant son impatience de voir la procédure aboutir à un procès à Conakry. Mais la comparaison entre Conakry et Dakar, la Guinée et le Tchad me paraît hâtive et déplacée pour deux raisons :

  1. Il fallut trois présidents (Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall) pour que le Sénégal se décide de faire juger l’ex-dictateur Hissène Habré. Et en définitive, il fallut le coup de fils d’un autre fils d’Afrique, Président Barack Obama, pour convaincre les autorités du pays de la Téranga. En effet, ce n’est pas un hasard que Dakar annonça la tenue prochaine du procès au lendemain de la visite du président américain en juin 2013
  2. Les survivants des atrocités de la dictature de Habré ou leurs famille firent preuve de persévérance. Ils travaillèrent avec constance avec des procureurs décidés. Lire La Plaine des Morts, un rapport de 742 pages. Depuis la mort de Sékou Touré, les organisations humanitaires de la société civile guinéenne ne peuvent pas prétendre au quart d’un tel bilan.

Chauvinisme juridique

Un autre cliché de l’article consiste à invoque “le temps où l’Afrique juge elle-même ses bourreaux.” Il s’agit là d’un voeu noble. Mais il est pieu,  irréaliste voire chauviniste. Charles Taylor et Laurent Gbagbo n’ont pas comparu devant le tribunal dans leurs pays respectifs parce que c’était dangereux voire futile.
Et contrairement à l’affirmation du ministre Sako sur l’éventualité d’une justice nationale, nous ne sommes pas à la veille de la tenue, en Guinée, du procès du massacre de 2009. Nous avons affaire à des crimes contre l’humanité. Or celle-ci ne se ramène pas à l’Afrique. Il  importe donc peu de savoir dans quel pays l’on juge les violateurs du premier commandement de Dieu et d’une loi humaine universelle sur la prééminence et la protection de la vie individuelle.

AVIPA : cap sur les droits de l’homme

Il est crucial pour l’AVIPA de maintenir le cap pour arriver à bon port dans la lutte collective pour le jugement des inculpés et présumés coupables du massacre de 2009, et pour la promotion des droits de l’homme. La politique électoraliste est l’un des écueils les plus dangereux pour la poursuite et l’achèvement de cette mission. En écoutant le chant trompeur des sirènes de la politique politicienne, l’AVIPA risque de s’épuiser dans des querelles partisanes et de s’embourber dans les sables mouvants et le marais sanglant de l’élection présidentielle. Ces faux-pas sont autant de pièges qui pourraient la détourner de son but.

Tierno S. Bah

Election présidentielle : démocratie ou violence ?

L’élection présidentielle est annoncée en Guinée pour le 11 octobre. Pour les deux camps en bataille, l’enjeu est soit la conservation, soit la conquête du pouvoir. Le président sortant et ses rivaux entendent-ils participer à un scrutin “démocratique” ou plutôt ont-ils choisi de ramer, à contre-courant de l’histoire, dans une marée de violence ? La campagne bat son plein et elle accumule les blessés et les morts. Est-ce la stratégie “By any means necessary” — par n’importe quels moyens nécessaires (pour reprendre le célèbre slogan de Elhadj Malik El-Shabazz (Malcolm X) ?
Après Koundara, Mamou, c’est le tour de Nzérékoré, qui enregistre un mort et 80 blessés.
La tension et les violences ne semblent guère préoccuper Jeune Afrique, dont le numéro 2856 (4-10 octobre courant) affiche “Guinée, présidentielle 2105. Un coup KO ?”, à l’appui d’une enième interview exclusive d’Alpha Condé.
T.S. Bah

 

Quatre des huit candidats à l'élection présidentielle, dont le premier tour se déroulera en principe le 11 octobre. De gauche à droite, Sidya Touré, Cellou Dalen Diallo, Lansana Kouyaté, Alpha Condé.
Quatre des huit candidats à l’élection présidentielle, dont le premier tour se déroulera en principe le 11 octobre. De gauche à droite, Sidya Touré, Cellou Dalen Diallo, Lansana Kouyaté, Alpha Condé.

A N’Zérékoré, des affrontements entre partisans du président Alpha Condé, candidat de la majorité en campagne pour le scrutin du 11 octobre, et sympathisants de candidats de l’opposition dont son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo, ont fait un mort et 80 blessés.

En raison des violences, le préfet de N’Zérékoré, capitale régionale de la Guinée forestière (Sud-Est), Aboubacar Mbop Camara, a imposé un couvre-feu de 18h00 à 06h00 dans la ville à compter de dimanche 4 octobre et jusqu’à nouvel ordre, a affirmé à l’AFP une source à la préfecture. La décision a été prise à l’issue d’une réunion avec des responsables municipaux, des représentants de partis politiques, des dignitaires communautaires et coutumiers, elle vise à « apaiser les tensions et ramener le calme dans la ville », a indiqué cette source.

L’instauration du couvre-feu a été confirmée par un proche collaborateur du préfet, évoquant « un grand risque de conflit communautaire » à N’Zérékoré « à cause de mauvaises informations distillées par les différents partis politiques ».

Les heurts ont éclaté vendredi 2 octobre dans l’après-midi et se sont poursuivis jusque tard samedi entre partisans du président Alpha Condé, candidat de la majorité en campagne pour le scrutin du 11 octobre, et sympathisants de candidats de l’opposition dont son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo, selon des témoins et des sources de sécurité.

Samedi, une source hospitalière avait fait état de 23 blessés – 16 par balles, six par des jets de pierres ou des coups de bâton, un dans un accident de la circulation. Le bilan a été revu à la hausse par le chef de mission en Guinée de l’ONG médicale humanitaire indépendante Alima, Olivier van Eyll.

80 blessés par balles ou par des jets de pierres

« Nos équipes, en collaboration avec la Croix-Rouge guinéenne, ont assisté l’équipe médicale de l’hôpital régional de N’Zérékoré pour soigner environ 80 blessés par balles ou par des jets de pierres plus ou moins graves entre vendredi et samedi », a déclaré Olivier van Eyll, précisant : « Il y a eu malheureusement un cas de décès parmi les blessés ». Selon lui, douze des blessés ont passé une nuit à l’hôpital et ont été libérés le lendemain, les autres cas n’ont pas requis d’hospitalisation.

Selon un responsable de la gendarmerie sur place, le commandant Fodé Mohamed Sylla, 13 personnes ont été arrêtées en lien avec ces violences et devraient être prochainement présentées à la justice.

« Sept d’entre elles l’ont été dans la journée d’hier [samedi], et les six autres ce dimanche », et certaines d’entre elles « avaient des fusils de fabrication artisanale », a précisé le commandant Sylla. Toutes seront présentées à la justice devant laquelle elles « répondront de leurs actes », a-t-il ajouté.

Ces troubles se sont produits alors que le chef de l’État, Alpha Condé, était en campagne électorale dans la région.

« Atmosphère de campagne extrêmement tendue »

Dans un communiqué publié dimanche, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE UE) déplore « les derniers incidents survenus au cours de la campagne » en vue de la présidentielle en Guinée.

« Ces incidents témoignent d’une atmosphère de campagne extrêmement tendue. Tous les acteurs du processus électoral devraient avoir à cœur d’éviter que le recours à la violence n’accompagne leur démarche », déclare cette mission déployée depuis le 2 septembre.

Elle appelle un apaisement du climat « pour que tous les acteurs politiques puissent diffuser sans obstacles leurs idées et leurs programmes de société à la population », et elle « invite toute la classe politique à tenir des discours responsables en évitant tout propos pouvant inciter à la violence ».

Jeune Afrique / AFP