PNUD. Classement 2015. Guinée, 182 sur 188

PNUD. Rapport sur le développement humain 2015

Paraissant 24 heures après la déclaration de l’OMS sur la fin de la transmission de la maladie à virus Ebola en République de Guinée, le présent rapport rappelle tous et toutes aux dures réalités de la Guinée. Tout comme les années et décennies précédentes, le pays fait partie de la lanterne rouge du monde ; il se classe —annuellement et immuablement — dans le peloton de queue de l’Indice du développement humain établi par le PNUD. Il n’y a donc pas de quoi pavoiser. Au contraire, les autorités doivent sérieusement s’atteler, ainsi que le recommande l’OMS, à la mise en  oeuvre d’un “programme de relèvement” mobilisant l’ensemble des secteurs : agriculture, santé, éducation, transports, communications, habitat…

Tierno S. Bah

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Présenation du Rapport PNUD 2015 sur l’Indice du développement humain

Intitulé Pérenniser le progrès humain : réduire les vulnérabilités et renforcer la résilience, le rapport offre un nouveau regard sur la vulnérabilité et propose des moyens de renforcer la résilience.
Selon les mesures de la pauvreté basées sur les revenus, 1,2 milliard de personnes vivent avec un revenu inférieur ou égal à 1,25 dollar par jour. Les dernières estimations de l’Indice développement humain (IDH) du PNUD révèlent toutefois que presque 1,5 milliard de personnes dans 91 pays en développement vivent en situation de pauvreté marquée par des carences cumulées en matière de santé, d’éducation et de niveau de vie. Et malgré une baisse d’ensemble, près de 800 millions de personnes risquent encore de basculer dans la pauvreté en cas de crise financière, naturelle ou autre.

Avant-propos

En 1990, le premier Rapport sur le développement humain partait d’une notion simple : le développement est le processus qui élargit l’éventail des possibilités offertes aux individus, en s’intéressant plus généralement à la richesse des vies humaines au lieu de se limiter à la richesse des pays. Le travail, pierre angulaire de ces deux richesses, est cependant souvent conceptualisé en termes économiques plutôt qu’en termes de développement humain.
Le Rapport sur le développement humain 2015 transcende cette convention en établissant un lien direct entre le travail et la richesse des vies humaines.
Ce rapport commence par poser une question fondamentale : comment le travail peut-il renforcer le développement humain ?
Il se place dans une optique élargie du travail, ajoutant à la notion d’emploi celles de travail de soins non rémunéré, de travail bénévole et de travail créatif, autant de formes de travail qui contribuent à la richesse des vies humaines.
Le rapport met en valeur les progrès impressionnants réalisés dans le domaine du développement humain en un quart de siècle.
Nous vivons aujourd’hui plus longtemps, davantage d’enfants sont scolarisés et un plus grand nombre de personnes ont accès à l’eau propre et à l’assainissement de base. Le revenu par habitant dans le monde a augmenté tandis que la pauvreté a diminué, rehaussant le niveau de vie d’un grand nombre de personnes. La révolution numérique a bâti des liens entre les individus de pays et de sociétés différents. Le travail a contribué à ce progrès en développant les capacités de chacun. Le travail décent a concouru à la dignité de la personne et ouvert la porte à sa pleine participation à la société.
Des difficultés considérables continuent cependant de faire obstacle au développement humain, de la pauvreté persistante et des inégalités criantes au changement climatique et à la viabilité environnementale en général, ainsi qu’au conflit et à l’instabilité. Tous ces facteurs s’érigent en autant d’obstacles à l’épanouissement des individus par le travail décent et font qu’un énorme potentiel humain
reste inexploité, un constat particulièrement alarmant pour les jeunes, les femmes, les personnes handicapées et d’autres personnes pouvant être marginalisées. Le rapport avance que l’exploitation du potentiel de tous les individus par le biais de stratégies et de politiques publiques appropriées accélérerait le progrès humain et réduirait les déficits de développement humain.
Le rapport nous rappelle l’absence de lien automatique entre le travail et le développement humain. En effet, pour renforcer le développement humain, le travail doit être de qualité, alors que la discrimination et la violence, entre autres problèmes, écartent toute corrélation positive entre travail et
développement humain. Certaines formes de travail peuvent être très nuisibles au développement humain, notamment le travail des enfants, le travail forcé et la traite des travailleurs, qui sont autant de violations graves des droits de l’homme. Dans de nombreux cas, les personnes qui travaillent dans des
conditions dangereuses sont exposées à des risques graves d’abus, d’insécurité, de perte de liberté et de perte d’autonomie.
A l’heure où le monde du travail se métamorphose à toute vitesse sous l’impulsion de la mondialisation et de la révolution technologique, il importe plus que jamais de prendre ces problèmes en main. La
mondialisation a engendré des gains pour certains et des pertes pour d’autres. La révolution numérique a créé de nouvelles opportunités tout en donnant naissance à de nouveaux défis, dont les contrats irréguliers et le travail de courte durée, asymétriquement répartis entre les travailleurs très qualifiés et non qualifiés.
Le rapport avance de manière convaincante que les femmes sont désavantagées dans le monde du travail, rémunéré ou non rémunéré.
Dans le domaine du travail rémunéré, elles sont moins présentes que les hommes, leurs salaires sont inférieurs, leur travail a tendance à être plus précaire et elles sont sous-représentées aux échelons supérieurs des entreprises. Dans le domaine du travail non rémunéré, elles assument une charge disproportionnée des tâches ménagères et du travail de soins.

Le rapport établit que le travail durable, qui favorise le développement humain tout en réduisant et en éliminant les effets secondaires négatifs et les conséquences involontaires, est un pilier du développement durable. Le travail durable multiplierait les possibilités offertes à la génération présente sans diminuer celles des générations futures.
Le rapport soutient que le renforcement du développement humain par le travail exige des politiques publiques et des stratégies dans trois grands domaines : la création d’opportunités de travail, la garantie du bien-être des travailleurs et l’élaboration d’actions ciblées. Le premier concerne les stratégies nationales en faveur de l’emploi et l’exploitation des opportunités offertes par le monde changeant du travail, tandis que le deuxième englobe, entre autres sujets importants, la sauvegarde des droits et avantages des travailleurs, l’élargissement de la protection sociale et l’atténuation des inégalités.
Les actions ciblées devraient être axées sur le travail durable, l’équilibre entre travail rémunéré et non rémunéré et les interventions destinées à des groupes précis, par exemple les jeunes et les personnes handicapées. Il faut avant tout un programme d’action axé sur un nouveau contrat social, un pacte mondial et l’Agenda pour le travail décent.
Le rapport de cette année arrive à un moment particulièrement opportun, au lendemain du sommet des Nations Unies sur le développement durable et de l’adoption des nouveaux Objectifs de développement durable.
L’Objectif 8, notamment, met explicitement l’accent sur le travail : Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous.
Dans ce contexte, un débat sérieux s’impose sur les défis posés par les mutations en cours dans le monde du travail. Les possibilités de renforcement des liens entre le travail et le développement humain doivent être saisies.
Au cours des 25 dernières années, le concept de développement humain, les rapports et les indices ont donné lieu à des débats, des dialogues et des discussions considérables, dans le monde entier, autour des défis et des difficultés stratégiques du développement. Je pense que l’édition 2015 ne fera pas exception et suscitera elle aussi le dialogue et le débat autour du concept du développement humain
et des stratégies possibles pour le faire avancer.

Helen Clark
Administrateur, Programme des Nations Unies pour le développement

 

Author: Tierno Siradiou Bah

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