Congrès de Bamako, 1946 : la naissance du RDA

En 2002, à Conakry, je demandai au Professeur Djibril Tamsir Niane de m’indiquer une source bibliographique sur le Rassemblement démocratique africain. Sans hésiter il me répondit : il faut lire le livre de Pierre Kipré,
Bref rappel :  le Parti démocratique de Guinée fut une section du R.D.A. de sa fondation en 1947,  à la désaffiliation et à la rupture en 1959.  Et à partir d’aujourd’hui, l’ouvrage de Pierre Kipré sera disponible sur webAfriqa.
Le R.D.A. fut dominant en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Mali. Et il n’est pas exagéré de dire que les conséquences de l’influence de ce mouvement dans ces pays se font sentir de nos jours encore, six  décennies après sa fondation à Bamako.
Devenus chefs d’Etat au début années 1960 les leaders Ivoirien, Guinéen et Malien (Félix Houphouët-Boigny, Sékou Touré, Modibo Keita) imposèrent un monopartisme absolu. Ils dirigèrent les nouveaux Etats d’une main de fer, autocratique et dictatoriale. Il suffit de relire, autres sources, la plume satirique d’Ahmadou Kourouma, qui expose les écueils et les échecs de la gouvernance de ces trois co-fondateurs du R.D.A. Pis, chacun d’eux recourut à l’assassinat politique pour éliminer des rivaux ou des dissidents.…
Le livre de Pierre est une contribution importante. Il nous livre les racines de l’effondrement politique de l’ancien empire colonial français à la fin de la deuxième guerre mondiale. Et il offre les répères des mutations historiques entre, d’une part, l’ex-Afrique Occidentale française et l’ex-Afrique Equatoriale française, et d’autre part, la Métropole.
Tierno S. Bah

 

Pierre Kipré
Pierre Kipré

Un groupe de parlementaires représentant l’Afrique francophone à l’assemblée constituante française signe à Paris un manifeste invitant leurs compatriotes à se rassembler à Bamako pour un colloque de réflexion sur le devenir de leurs territoires. Nous sommes en octobre 1946. De ce colloque naîtra le RDA (Rassemblement démocratique africain), premier grand mouvement politique de l’Afrique noire, à une époque où la toute puissance du colonat est à peine entamée.
Se départissant de tout jugement a priori, l’historien ivoirien Pierre Kipré recrée, dans cet ouvrage éblouissant de concision, l’ambiance exaltante de cet événement alors unique.
Pierre Ki pré a su faire la part des choses ; il a dissocié ce qui relève de l’action des personnalités assurément déjà fortes de celle que, par sa présence plus ou moins bruyante, le peuple des colonisés permet de mener. Au-delà du Congrès, l’auteur a évalué les armes politiques et idéologiques dont les Africains se sont dotés à travers les résolutions adoptées, à travers le mouvement qu’ils venaient de créer.
« La naissance du RDA » un ouvrage indispensable pour tous ceux qui veulent comprendre la période d’incubation du nationalisme moderne africain.

Table des matières

Introduction générale
Première Partie. L’Afrique française en ébullition au lendemain de la Deuxième guerre mondiale

Deuxième Partie. L’Afrique Noire à Bamako (18-21 octobre 1946)

Troisième Partie. Bilan et perspectives du Congrès

  • Chapitre IX. — Les Résolutions du Congrès
    • Les Premières orientations politiques
    • Chronologie du Congrès
  • Chapitre X. — Les Structures du RDA Parti ou « Front Politique »
  • Chapitre XI.— L’Echo du Congrès dans la presse et dans les colonies

Conclusion générale
Chronologie générale
Orientation bibliographique

Pierre Kipré — Curriculum Vitae
Diplômes

  • Baccalauréat série A et philosophie, Châlons sur Marne (1965)
  • CAPES d’histoire-géographie, Paris (1972)
  • Doctorat ès Lettres et Sciences humaines, Paris 7 (1981)

Fonctions

  • Président de la Commission nationale d`organisation du cinquantenaire de la République de Côte d`Ivoire
  • Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France (2008-2010)
  • Directeur de l’Institut d’études géostratégiques pour l’intégration en Afrique de l’Ouest, (organisme privé), Abidjan (2001-2006)
  • Président du jury international du prix UNESCO pour la paix par l’éducation (2000-2003)
  • Ministre de l’Education Nationale, Président de la Commission Nationale pour l’UNESCO Côte d’Ivoire (1993-1999) et Président de la CONFEMEN (1997-1999)
  • Directeur de la Recherche et des Publications, E.N.S., Abidjan (1988-1993)
  • Professeur titulaire d’histoire contemporaine, Abidjan (depuis 1986)
  • Maître de conférences en histoire moderne et contemporaine, Abidjan (1982-1986)
  • Maître-assistant d’histoire moderne et contemporaine, Abidjan (1978-1981)
  • Secrétaire Général de l’E.N.S. (1973-1977)
  • Assistant en Histoire, E.N.S., Abidjan (1972-1978)

Affiliation à des Sociétés Savantes

  • Association des Historiens Africains (depuis 1975)
  • Association française des historiens de l’économie (correspondant étranger de 1981 à 1993)
  • Association des Chercheurs d’Afrique de l’Ouest (depuis 2001)
  • Société française des africanistes (depuis 2003)
  • Académie des Sciences des Cultures Africaines et des Diasporas (depuis 2003)
  • Membre du Comité francophone de suivi de la Conférence des Intellectuels africains et de la Diaspora / CIAD (depuis 2004)

Distinctions honorifiques

  • Prix NOMA 87 pour l’édition en Afrique (1987)
  • Officier des Palmes académiques françaises (1995)
  • Commandeur de l’Ordre du mérite de l’Education Nationale (2007)

Publications
Ouvrages personnels

  • 2006, Intégration régionale et développement rural en Afrique de l’Ouest Paris & Dakar, édition SIDES — IMA 144 p.
  • 2005, Côte d’IvoireLa formation d’un peuple Paris, édit SIDES-IMA, 292 p.
  • 2005, (avec S. Brunel et M-A. Pérouse de Montclos), L’aide au Tiers-monde à quoi bon ? Les éditions de l’Atelier, Paris, 115 p.
  • 2000, Démocratie et société en Côte d’Ivoire, essai politique éd AMI, Abidjan,105p.
  • 1992, (avec L. Harding) Commerce et commerçants en Afrique — La Côte d’Ivoire, Paris, L’Harmattan, 295 p.
  • 1991, Histoire de Côte d’Ivoire, collection “Manuels du premier cycle” , Abidjan — Paris, AMI/EDICEF, 195 p.
  • 1989, Le congrès de Bamako ou la naissance du R.D.A., Paris, éditions Chaka, 190 p.
  • 1988, La Côte d’Ivoire coloniale (1890-1940), collection “Mémorial de la Côte d’Ivoire” , t.2, Abidjan, AMI/Bordas, 303 p. (in 4°)
  • 1987, Les relations internationales : de la Première Guerre Mondiale à la crise cubaine de 1962, collection “Les cours de CAPES” , Abidjan, Publications de l’E.N.S. d’Abidjan, 123p.
  • 1986, Villes de Côte d’Ivoire (1893-1940), t 2 : Economie et société urbaine, Abidjan, N.E.A., 290 p.
  • 1985, Villes de Côte d’Ivoire (1893-1940), t 1 : La fondation des villes, Abidjan, N.E.A., 275 p.
  • 1985, Daloa, une cité dans l’histoire, Abidjan, SIIS, 54 p. in 4°
  • 1975, Le Président Félix Houphouët-Boigny et la Nation ivoirienne, recueil de textes annotés, précédé d’une présentation, Abidjan, N.E.A., 333 p.

Ouvrages en collaboration

  • 2005, Postface de Anne-Cécile Robert L’Afrique au secours de l’Occident, Paris, éditions Le Monde et Editions de l’Atelier pp. 203-205
  • 2005 “De l’immigration à l’intégration : le cas des villages burkinabé de la région de la Marahoué” in Chantal Chanson-Jabeur et Odile Goerg (éds), “Mama Africa” Hommage à Catherine Coquery-Vidrovitch, Paris, L’Harmattan, pp.169-182
  • 2005, “Réflexions sur la paix et la réconciliation en Afrique subsaharienne” , in I. Ndaywel E Nziem et J. Kilanga Musinde (éd.), Mondialisation, cultures et développement, Paris, Maisonneuve et Larose, pp. 329-341
  • 2005, “Les frontières et la question nationale en Afrique de l’Ouest” , in UNESCO/CISH, Des frontières en Afrique du XIIè au XXè siècle, Paris, éditions de l’UNESCO, pp 91-115
  • 2005 “De la recherche du salut individuel à la quête de bonheur collectif : Les religions dans les crises africaines” , in Ikeogu Oke (éd.), Dialogue des civilisations, des religions et des cultures en Afrique de l’Ouest, éditions de l’UNESCO, pp. 141-146 (version anglaise)
  • 2004, “Enseignants et migrants en Afrique : Le rôle de l’école dans la cohésion sociale” in L’éducation en débats : analyse comparée, volume 2, Berne, HEP-BUNIGE, pp. 237-252
  • 2003 “Les méthodes et problèmes de l’histoire africaine” (chapitre 1) et “Les mutations contemporaines en Afrique” (chapitre 8) in Paul Vandepitte et Maria Turano (éd.) Pour une histoire de l’Afrique. Douze parcours, édition ARGO, Lecce/Italia.
  • 2002 “Les discours politiques de décembre 1999 à l’élection présidentielle d’octobre 2000 thèmes, enjeux et confrontations” in Cl. Vidal et M. LePape (éd.), Côte d’Ivoire, l’année terrible, Paris, Karthala pp. 81-122
  • 2001 “L’Afrique et ses avenirs” in Y. Michaud (éd), Qu’est-ce que la culture ? Paris, éd. Odile Jacob pp. 91-104
  • 1998 “Le développement industriel et la croissance urbaine” in A. Mazrui & Chr. Wondji (éds), Histoire générale de l’Afriquetome VIII, L’Afrique depuis 1935. Paris et Abidjan, éditions UNESCO et N.E.I. pp. 403-438
  • 1997, Postface de Conflits actuels et culture de la paix en Afrique, Abidjan, PUCI pp.426-429
  • 1994, “Les métamorphoses de l’entreprise en Afrique noire” in St. Ellis et Y-A. Fauré (éds), Les entrepreneurs en Afrique, Paris, Karthala pp. 5363
  • 1992, “Les métamorphoses de la transition démocratique en Côte d’Ivoire” in La transition démocratique en Afrique noire, Abidjan, PROSPECTIVES 2000 /MDI, pp 45-64
  • 1992, “Histoire et sciences de la naturesur une expérience de recherches en histoire rurale de l’Afrique noire” in J. Ki Zerbo, (éd) La natte des autres, Dakar, CODESRIA, pp.
  • 1992, (avec A. Tirefort) “La Côte d’Ivoire” in C. Coquery-Vidrovitch (éd) L’Afrique occidentale au temps des français, Paris, La Découverte,
  • 1990, “Comment la Belgique sous-développa le Zaïre” in I.B. Kaké (éd) Conflit belgo-zaïrois, Paris, Présence Africaine, pp.41-59
  • 1989, “L’interface Sahara-Sahel dans la géopolitique en Afrique Noire (XIIe-XXe siècles) in Le Sahel, Ministère de la Coopération, Paris
  • 1989, “La mer et le port dans la conscience politique et sociale africaine contemporaine” in Les quais sont toujours beaux, Nantes, édit.ACL
  • 1988, “Sociétés urbaines et pratiques de l’espace : le cas ivoirien de 1930 à 1960” in C. Coquery-Vidrovitch. (éd.), Processus d’urbanisation en Afrique, Paris, L’Harmattan
  • 1987, “Sciences et techniques au service du développement” in C. Coquery-Vidrovitch et A. Forrest (éd.), Décolonisation et nouvelles dépendances : modèles et contre-modèles idéologiques et culturels, Lille, P.U.L. pp. 265-282
  • 1986, Dictionnaire Borremans. “La Côte d’Ivoire et ses cultures” (articles d’histoire et de géographie des tomes 1 et 2), Abidjan, N.E.A.
  • 1985, “Les populations africaines de la Côte atlantique, du Bandama à la Volta (XIIe-XVIe siècles” in D.T. Niane (éd) Histoire Générale de l’Afrique, UNESCO/N.E.A, chap.13, vol.4, pp.355-370
  • 1985, “Villes et architecture coloniale en Côte d’Ivoire” in Architecture coloniale en Côte d’Ivoire, Abidjan, MAC/CEDA pp. 6-28
  • 1983, “Grandes compagnies et entreprises individuelles dans la ville coloniale en Côte d’Ivoire à la veille de la Seconde Guerre Mondiale” in C. Coquery-Vidrovitch (éd.) Entreprises et entrepreneurs en Afrique, XIXe et XXe siècles, Paris, L’Harmattan, t.2, pp. 229-240

Articles
(publications universitaires — revues à comité de lecture)

  • 2007, “L’historiographie de la formation de l`Etat contemporain en Afrique noire : du devoir de mémoire à la construction de l’avenir”, Présence Africaine, n° 173
  • 2007, “La diaspora africaine : réalité et espérances” , études de Zambèze Groupe, sur le net (www.zambeze.org) mars 14 p.
  • 2007, “L’historiographie de l’Afrique des XIXe-XXe siècles : la contribution des historiens Africains” , in Cultures Sud. Notre Librairie, n° 165, avril-juin, pp. 50-57
  • 2006-4, “Migrations et construction nationale en Afrique noire : le cas de la Côte d’Ivoire depuis le milieu du XXe siècle” in M. Korinman (éd.), Les migrations internationales à l’aube du XXIe siècle, Paris, Outre-terre, n° 17, pp.313-332
  • 2006, “Société et marché en Afrique” in Les Cahiers de l’Atelier, n° 511 Paris pp. 2837.
  • 2006, “De la question nationale en Afrique noire” in Afrika Zamani, Dakar, CODESRIA/AHA nos. 11-12; pp. 59-80
  • 2005, “Repenser l’Afrique à travers ses manuels d`histoire” in Enseigner la nation : le pouvoir des manuels scolaires Outre-terre, n°12 Paris, éditions érès pp. 167-175
  • 2005 “La crise de l’Etat-nation en Afrique de l’Ouest” in De l’Afrique au Gondwana ? — Outre-terre, n° 11, Paris, érès pp.19-32
  • 2005, “F. Houphouët-Boigny, père de la Côte d’Ivoire moderne” in L’Histoire, Paris, Seuil, n°283, pp. 80-88
  • 2005, “Le ‘discours de La Baule’ ou les pièges externes de la démocratie en Afrique” in Afrique Annales, Lyon, n°8, 1er trimestre pp. 55-66
  • 2004, “Les enjeux contemporains de l’Histoire de l’Afrique” , AUF — site histoire & Afrique
  • 2004, “Joseph Ki Zerbo et la question de l’Etat-nation en Afrique : de l’historien au militant de la cause africaine (1954-2003)” , in Actes du Colloque sur l’œuvre de Joseph Ki Zerbo, RFI/Paris IV, (voir sur www.rfi.fr)
  • 2004, Compte-rendu critique de “Claude-Hélène Perrot, édit., Lignages et territoire en Afrique aux XVIIIè et XIXè siècles. Stratégies, compétition, intégration, Paris, Editions Karthala, 2000 in Cahiers d’Etudes Africains, XLIV(3), 175, pp. 705-711
  • 2004, “Sur la périodisation de l’histoire de l’Afrique de l’Ouest : le Golfe de Guinée” in Afrique & Histoire, revue internationale Paris, Verdier n° 2, pp.85-97
  • 2003, “De la guerre et de la paix en Afrique” in Afrique Contemporaine, n° 207, pp.133-146
  • 2002, “Le témoignage de J. Foccart. Son apport dans l’historiographie africaine” in Cahiers du Centre de Recherches Historiques, Paris, EHESS/CNRS, n°30 pp.29-35
  • 2000, “L’espace ethnique” dans Sentiers, revue mensuelle d’analyse et d’études politiques, Abidjan n°1 pp.2-9 (in quarto)
  • 2000, “Le P.D.C.I.-R.D.A à l’épreuve du régime de transition militaire” , dans Sentiers, revue mensuelle d’analyse et d’études politiques, Abidjan n°2
  • 1994 “Ports et villes portuaires en Côte d’Ivoire : histoire et rôle à l’époque coloniale” in Cahiers de géographie tropicale, Abidjan, IGT/Ministère de la Marine, pp.99-101
  • 1989, (en collaboration) “De la musique et de la danse traditionnelles en pays bété — les influences culturelles dans la Côte d’Ivoire profonde” in Kasa bya kasa revue de l’IES/université d’Abidjan
  • 1989, “Les études démographiques dans la formation initiale à l’ENS d’Abidjan, in Historiens-Géographes du Sénégal, n°4-5, pp. 69-72
  • 1989, “Un textefondateur : le manifeste des parlementaires africains en 1946” in Le Normalien, revue scientifique et pédagogique, Abidjan, série Lettres, n°3 pp. 2-18
  • 1979, “L’économie ivoirienne en 1920” in Bull. de la Documentation nationale, Abidjan
  • 1978, (en collaboration) “Les fondements de l’unité africaine” in Présence Africaine, n° 117-118, pp. 57-105
  • 1976, “La crise économique de 1930-1935 dans les villes coloniales de Côte d’Ivoire” , Cahiers d’Etudes Africaines, n°61-62, pp. 119-146
  • 1975, “La place de l’économie urbaine dans la Côte d’Ivoire de 1920 à 1930”, Annales de l’Université d’Abidjan, III, série I, pp. 93-120
  • 1973, “L’enseignement de l’histoire africaine : les problèmes du passage de l’enseignement secondaire à l’enseignement supérieur” , Afrika Zamani, n°1, pp.45-57

Thèmes de rapports de consultation

  • Pour l’UNESCO (sur le projet “la route du fer en Afrique” , 1991-1996 la question des frontières en Afrique, 2000 l’évaluation des manuels d’histoire en Afrique noire francophone, 2002
  • L’UE et l’intégration sous-régionale en Afrique de l’Ouest, 2002 les enjeux et modalités de la participation citoyenne à l’intégration régionale en Afrique, 2003 la formation des formateurs en Angola, 2003 la formation des formateurs en R.C.A., 2003 l’enseignement de base en Afrique subsaharienne; divers rapports sur “les modalités d’un partenariat UNESCO et NEPAD” , 2004-2006 etc.)
  • Pour le CRDI canadien (sur le développement en Afrique de l’Ouest, 1989-1991)
  • Pour le PNUD (sur la dimension historique des problèmes de développement en Côte d’Ivoire, 1992-93)
  • Pour la Fondation Volkswagen (sur le commerce en Afrique de l’Ouest, 1990-1991)
  • Pour la Fondation F.Houphouet-Boigny (sur l’histoire du RDA au Gabon, 1986)
  • Pour le HUB/UNOPS (sur le développement rural en Afrique de l’Ouest 2005-2006)

Travaux divers (communications inédites à des colloques, conférences et congrès internationaux depuis 1972)

  • 2007, “L’intégration sous-régionale et les tâches des intellectuels Ouest africains” , Séminaire national sur “Les Etats-nations face au défi de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest : le cas de la Côte d’Ivoire” , Abidjan, Programme MOSTUNESCO/IES/CRDI, 07-09 novembre 17 p.
  • 2007, “Migrations, diaspora et développement en Afrique de l’Ouest depuis le XXe siècle” , Conférence régionale sur “Migrations et développement en Afrique de l’Ouest” , Yamoussoukro, 19-22 juin 23 p.
  • 2007, “L’Europe et la science” , Les conférences de l’ASCAD, Abidjan, 27 septembre 21 p.
  • 2006, Le RTP Etudes africaines/CNRS sur “L’état des lieux des études africaines et des problématiques en France” , Paris, 29-30 novembre et 1e décembre
  • 2006, “L’intellectuel africain et la mobilisation nouvelle pour le panafricanisme” Symposium des intellectuels africains, Benghazi (7-8/9/2006) 6p.
  • 2006, “Mémoire, histoire et historiographie de l’Afrique dans les échanges Afrique/Brésil” au Séminaire international de l’A.U.F. et de l’Université de l’Etat de Rio sur “Mémoire et histoire de l’Afrique» Rio de Janeiro (Brésil), 18-20 juillet; 8 p.
  • 2006, “L’historiographie de l’après 1850 en Afrique” à la Deuxième Conférence des intellectuels d’Afrique et de la Diaspora Salvador de Bahia (Brésil), 12-14 juillet; 8 p.
  • 2006, Deuxième Forum des organisations régionales et sous-régionales africaines sur “La coopération entre l’UNESCO et le NEPAD” , Paris, 14 septembre 7 p.
  • 2006, “Les migrations interafricaines et la “production” de l’étranger en Afrique de l’Ouest depuis le XXe siècle” au Colloque International sur “Mouvements de Populations et Gouvernance dans les Etats en Afrique de l’Ouest : Idées pour une Stratégie Régionale», Abidjan, 27-29 Juillet 16p.
  • 2006, “La naissance du monde moderne : le point de vue d’un historien africain» au Colloque international de l’UNESCO sur “La naissance du monde moderne : aux origines de la puissance européenne” , Paris, 11-12 juin 8 p.
  • 2006, “Les indépendances africaines: quelles réalités aujourd`hui?” au Colloque international sur “la problématique du patriotisme africain” , Abidjan, 25-28 avril 16p.
  • 2006, “La Libye du Colonel Kadhafi ou la lutte pour la souveraineté en Afrique 1969-1987” in Colloque international sur “L’Agression Américaine Atlantique Barbare contre la Jamahiriya en 1986” , Tripoli, 13-14 avril; 13 p.
  • 2005, “Citoyenneté et religions en Afrique subsaharienne au début du XXIe siècle l’état de la situation” in Colloque du Congrès Mondial des Religions pour la paix, Paris, UNESCO, 1er juin 10 p.
  • 2004, “Réflexions sur la paix et la réconciliation en Afrique subsaharienne” , Forum des intellectuels et écrivains francophones Ouagadougou, 17-20 novembre 15 p.
  • 2004, “Histoire démographique et conscience identitaire en Afrique de l’Ouest au XXe siècle” , Colloque international d’Angers sur “Histoire de la colonisation revisitée” , 9-12 novembre 14 p.
  • 2003, “L’intellectuel et l’exercice du pouvoir en Afrique noire” . Contribution à la Journée de la philosophie, UNESCO & UTLS, Paris, 20 novembre 14p.
  • 2003, “Le sous — développement, fruit de la colonisation ?” , (document préparatoire du débat public de l’HISTOIRE) Rencontres de Blois, Blois, 18 octobre
  • 2002, “Etude critique des manuels d’histoire en Afrique noire francophone” , Réunion des experts UNESCO/Education” , 18 p.
  • 2000, “Les effets des crises congolaises sur l’unité africaine à la fin du XXe siècle” au Symposium international de Kinshasa sur “l’Accord de Lusaka et le conflit au Congo», Kinshasa, 11-16 décembre 12 p.
  • 1995, Symposium international de l’UNESCO sur “Les routes du fer en Afrique depuis l’âge du fer” Abuja, 23 -24 février 8 p.
  • 1989, Colloque international de l’UNESCO sur la diffusion du savoir historique en Afrique, Nairobi, 12 p.
  • 1988 “La famille urbaine africaine depuis la colonisation” in Actes du Colloque international sur “La famille en Afrique : problèmes et perspectives” Gouvernement camerounais/ SAC/UNESCO, Yaoundé, 18 p.
  • 1985, Colloque international sur le transfert du pouvoir en Afrique — colonisation et décolonisation, Smithsonian Institute, Harare, 17 p.
  • 1985, “L’économie urbaine africaine au temps du Congrès de Berlin” au Symposium sur le Congrès de Berlin, Kinshasa, 16 p.
  • 1985 “La ville comme produit colonial” au Colloque international sur le Centenaire du Congrès de Berlin (1885-1985), Brazzaville, 14p.
  • 1985 “Rapport de synthèse sur les tâches du développement de l’Afrique au XXè siècle” , Colloque international sur le Centenaire du Congrès de Berlin (1885-1985), Brazzaville, 28 p.
  • 1976 “La conception du temps dans une société lignagère : les Lobi de Côte d’ivoire” in Actes du Colloque interuniversitaire sur les populations communes ivoiro-ghanéennes, Kumasi et Abidjan, UST/UCI, 17p.
    Source : Abidjan.net

Armées africaines, entre prédation et rédemption

Pretoria, mars 2013. Cérémonie à la mémoire des soldats sud-africains tués à Bangui le 24 mars. (AFP/Stéphane de Sakutin)
Pretoria, mars 2013. Cérémonie à la mémoire des soldats sud-africains tués à Bangui, RCA, le 24 mars. (AFP/Stéphane de Sakutin)

Le monde de la défense et de la sécurité s’occupe de plus en plus de nous. Pourquoi ne pas s’occuper de lui ?
Dans la foulée de l’insurrection populaire de quelques jours qui a acculé le président Blaise Compaoré à la démission, l’armée a repris le pouvoir au Burkina Faso, l’ancienne Haute-Volta : c’est la septième fois dans l’histoire de ce pays enclavé en bordure du Sahel où — comme ailleurs en Afrique — les militaires balancent entre leurs rôles de prédateur et de rédempteurs…

Terminons-en d’abord avec le « beau Blaise » qui, au fil des temps, et contrairement à son ancien compagnon Thomas Sankara, était devenu un relais du système « françafricain » à l’ancienne, même si le Burkina — « pauvre mais digne », Mecque des ONG — posait moins de problèmes que d’autres pays ; et que Compaoré lui-même, devenu un passionné de diplomatie, rendait des services, se comportant ces dernières années en médiateur souvent utile dans les conflits sur le continent noir : nord du Mali, Togo, Mauritanie, Côte d’Ivoire, Guinée, Darfour…

L’icône Sankara

Mais cela n’a pu faire oublier ses interventions plus anciennes et plutôt déstabilisantes au Liberia, en Sierra-Leone, en Angola, avec un fort parfum de trafic d’armes, dans les années 1990. Ni bien sûr son rôle central dans le putsch qui aboutit à l’assassinat de son compagnon, le capitaine Thomas Sankara — resté vingt-sept ans plus tard une icône romantique au pouvoir aussi fort en Afrique que l’est celle de Che Guevara en Amérique latine. Ni par la suite, son entêtement — après vingt-sept années de pouvoir – à imposer une modification de la Constitution pour s’offrir quinze années de plus à la tête du Burkina : l’ambition, le tripatouillage de trop…

Lire « Thomas Sankara ou la dignité de l’Afrique », Le Monde diplomatique, octobre 2007.

Le réveil de la rue à Ouagadougou et dans les grandes villes burkinabés a d’ailleurs fait penser au « printemps tunisien » : Ben Ali et Compaoré étaient arrivés au pouvoir pratiquement ensemble. Et en seront sortis un peu dans les mêmes conditions, contraints à la fuite pour ne pas avoir compris assez tôt de quoi il retournait, et avoir concédé trop peu et trop tard.

Certains voient déjà, dans ces trois journées d’insurrection populaire au Burkina, les prémices d’un « printemps africain » qui pourrait concerner au premier chef — outre le Burkina — les pays de l’ouest et du centre, où les alternances paraissent impossibles, les constitutions toujours manipulées, les successions non préparées, les dynasties trop verrouillées : Cameroun, Gabon, Togo, Congo-Brazza, Congo-Rdc, Rwanda, Tchad, Djibouti.

Les « corps habillés »

En Afrique, comme naguère en Amérique latine, le rôle des armées reste central. Non qu’elles soient particulièrement efficaces ou pléthoriques — à l’exception de l’armée sud-africaine, la plus moderne ; des armées éthiopienne et érythréenne, les plus nombreuses ; ou de l’armée nigériane, la plus active dans l’espace ouest-africain.

[Erratum. — Depuis 2013, le départ de son contingent en République Centrafricaine a révélé la politisation et la corruption du rôle de l’armée dans la politique étrangère de l’Afrique du Sud.
Le scandale concernait notamment l’accord des présidents Jacob Zuma et François Bozizé troquant la présence militaire sud-africaine contre l’accès d’entreprises sud-africaines aux gisements pétroliers, diamantifères et aurifères de la RCA.
L’armée nigériane joua un rôle clé dans la défaite des seigneurs de guerre libériens et sierra-léonais (Charles Taylor, RUF). Mais depuis lors, la détérioration de la Fédération nigériane (kidnapping et tueries du MENDA dans le Delta, horreurs de Boko Haram au nord-est, ont mis à nu ses défaillances profondes (violence gratuite et corruption).
Les armées d’Ethiopie et d’Erythrée se regardent en chiens de faïence ou se combattent. Cette situation fratricide mise à part, les activités martiales de ces deux pays dépendent largement des plans anti-terroristes du Pentagone et de l’armée américaine.  — Tierno S. Bah]

L’armée burkinaɓe, comme celle de la plupart des Etats sahéliens, ne compte en revanche que sept mille hommes, dotés d’un matériel limité, si l’on excepte le régiment de sécurité présidentielle (que commandait en second le nouvel « homme fort » du Burkina, le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida).

Mais ces « corps habillés » 1, le plus souvent issus, dans la partie ouest ou centrale du continent africain, de la matrice des anciennes forces coloniales, restent — surtout en cas de troubles politiques majeurs — un recours habituel : dans des pays où l’Etat est souvent faible, ils font figure de point fort, de communauté disciplinée et soudée, qui n’hésite d’ailleurs pas à défendre les armes à la main son statut, ses salaires ou avantages.

Nababs militaires

Dans une dialectique « gagnant-gagnant », associant le sommet de l’Etat à la haute-hiérarchie militaire, on a même vu naître dans certains pays — pour prix de la sécurité que les « corps habillés » procurent au pouvoir politique — une classe d’officiers enrichis, moitié militaires moitié businessmen, dont le sort était lié pour le meilleur ou pour le pire à celui des plus hauts gouvernants.

Dans quelques cas, on a affaire à des « militaires-rédempteurs », soucieux de l’intérêt national, de l’intégrité du territoire, de la nécessité de protéger la population : leur sens de l’organisation et de la discipline, leur technicité, leur frugalité, leur bon contact avec le monde villageois, ont pu contribuer à pacifier et réorganiser un pays, au service de la construction de l’Etat-nation. On pense, par exemple, aux débuts du général Kountché (Niger, 1976), ou du capitaine Sankara (Burkina, 1983).

Dans des cas récents (Tunisie, Egypte, Madagascar), les militaires se sont interposés entre les forces de police (compromises avec les anciens régimes autoritaires) et la société civile, obtenant — comme en Egypte — d’y jouer à nouveau un rôle politique majeur.

Dans des cas trop rares — comme l’Afrique du Sud ou le Mozambique — la refonte des forces de sécurité a été « entreprise en tant que composante essentielle d’un projet global de reconstruction de l’Etat et de transformation de la société », comme l’expliquait Anatole Ayissi, de l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (Unidir), dans Le Monde diplomatique en janvier 2003 (Anatole Ayissi, « Ordre militaire et désordre politique en Afrique, Le Monde diplomatique, janvier 2003.)

Messies en treillis

Mais, le plus souvent, les Etats africains sont malades de leurs armées. Il n’a pas manqué, au cours de ces soixante années d’indépendance, de « messies en treillis » :

  • Colonel Gamal Abdel Nasser (Egypte, 1956)
  • Colonel Joseph Désiré Mobutu (Zaïre, 1965)
  • Colonel Mouammar Kadhafi (Lybie, 1969)
  • Capitaine Didier Ratsiraka (Madagascar, 1975)
  • Zine el-Abidine Ben Ali (Tunisie, 1987)
  • Général Sani Abacha (Nigeria, 1991)
  • Caporal Fodeh Sankoh (Sierra Leone, 1991)
  • Colonel Lansana Conté (Guinée, 1984)
  • Général Idi Amine Dada (Ouganda, 1971)
  • Colonel Jean Bedel Bokassa (RCA, 1972)
  • Colonel Mengistu Hailé Mariam (Ethiopie, 1987)
  • Sergent-chef Samuel Doe (Liberia, 1980)
  • Sergent-chef Gnassimbe Eyadema (Togo, 1963)
    ……………………

Plus de soixante dix coups d’Etat ont été menés entre 1960 et 2010, dans vingt-trois pays subsahariens (sur quarante-huit), a compté Georges Courade 2. Parmi les champions du genre : le Nigeria (9 pronunciamentos), le Ghana, les Comores, la Guinée-Bissau, et  le Burkina…

Ces armées sont souvent divisées (ainsi que l’a illustré à nouveau, à Ouagadougou, la difficile désignation d’un officier supérieur pour incarner la transition), et « à deux vitesses », avec des unités d’élite type « garde présidentielle », richement dotées, recrutées souvent sur critères politico-ethniques ; et une armée du tout venant, non spécialisée, mal équipée et mal commandée :

« S’il est vrai que la complicité entre le politique et le soldat a fait de certains individus et de certaines unités des privilégiés du “système”, l’état général des forces armées en Afrique est le plus souvent déplorable, précisait Anatole Ayissi 3.

Et, à côté des nantis, il existe une autre armée tout au fond de l’échelle sociale de la “hiérarchie” militaire. Elle est faite de tous ces marginalisés en uniforme, miséreux, clochardisés au cœur d’une galaxie où les privilégiés affichent scandaleusement leur puissance et leur richesse (…)

Face à la précarité matérielle, à la discrimination et à l’exclusion, nombre de ces soldats laissés pour compte basculent facilement de l’indigne statut d’honnêtes miséreux en uniforme à celui, moins honorable mais beaucoup plus profitable, de “soldat de fortune”. L’une des terribles “innovations” de l’atroce guerre civile de Sierra Leone fut le “sobel” – “soldier and rebel” –, une sorte de militaire hybride ayant la faculté d’être “soldat” le jour et “rebelle-gangster” la nuit.

Si la misère d’un citoyen civil peut demeurer un simple problème social, la misère d’un soldat en armes peut dégénérer en un défi politique propre à mettre en danger non seulement la survie du régime, mais également la paix et la stabilité de la société tout entière. Là réside l’extrême danger de la clochardisation des forces armées ».

Ennemi intérieur

En brousse, dans les quartiers, les soldats sont donc souvent craints : il leur est reproché d’être surtout tournés vers « l’ennemi intérieur », et de profiter de la population (pillage, rapine, taxes sur les contrôles routiers), etc.

Dans certains cas, des soldats massacrent, brûlent, violent, sans autre but que l’intérêt au jour le jour, l’obéissance à un chef ou à un clan.

[Note. — Ce fut le cas, par exemple, du massacre et des viols perpétrés, à compter du 28 septembre 2009 et pendant trois jours, par l’armée, les forces de sécurité et des miliciens au stade sportif et ailleurs à Conakry, en Guinée. — Tierno S. Bah]

« Les forces armées ont aussi à assimiler qu’elles ont à défendre un territoire et une nation, avant de conforter des régimes autocratiques ou d’y asseoir un des leurs ! », plaide la CADE 4, pour qui il importe de « professionnaliser » au plus vite les cinq cent mille à un million d’hommes et de femmes des « corps habillés » qui constituent les effectifs des forces de sécurité au sud du Sahara.

Dans l’immédiat, outre — pour les populations — les interrogations nées de la récupération militaire de ce « printemps burkinaɓe », cet effacement du régime Compaoré complique un peu plus le grand jeu sécuritaire au Sahel, dans lequel s’illustrent notamment les Français.

Une unité des forces spéciales françaises, avec les yeux tournés surtout vers le Mali et le Niger, stationnait au sud du Burkina : y restera-t-elle ? Sur le plan politique et diplomatique, Compaoré jouait les entremetteurs, passait les plats : qui le fera désormais ?

(Lire Le Burkina Faso, pilier de la “Françafrique” », Le Monde diplomatique, janvier 2010.)

Comme l’expliquait Michel Galy sur BFM-TV (le 31 octobre 2014), il faudra surtout que Paris, confronté soudain à la perte de ce partenaire typiquement « françafricain » et à ce « vide sécuritaire » au Burkina, « revoie son logiciel politique » à l’égard de ce pays, et sans doute bientôt à l’égard de tous ceux où se posent de semblables et difficiles problèmes de succession.

Notes
1. Les « corps habillés » (en uniforme) incluent en général l’armée, la gendarmerie, la police.
2. Les Afriques au défi du XXIe siècle, Belin, 2014.
3. op. cit.
4. Exposition itinérante de la Coordination pour l’Afrique de demain (CADE), sous le titre « Les Afriques qui se font », CADE, 2012.

Philippe Leymarie
collaborateur du Monde diplomatique et de Radio-France internationale sur les questions africaines et de défense.
Auteur, avec Thierry Perret, des 100 Clés de l’Afrique.