Category Archives: Post-coloniale

La Guinée de 1958 à nos jours

Une citation manipulatrice de Sidiki Kobélé Keita

J‘ai récemment reçu d’Harmattan-France ma double commande du dernier livre de Nadine Bari. Il est intitulé L’Accusé. Sékou Touré devant le TPI. Paris. Editions L’Harmattan, 2014. 190 p. Il est disponible en version imprimée (19 €) et en version eBook (13,99 €).

Après réception des deux copies, j’ai commencé la publication de la version Web, qui comporte les liens requis et les images appropriées, contribuant ainsi à  contextualiser davantage ce travail de fiction sur la dictature de Sékou Touré et son Camp Boiro.

La page Citations reproduit un passage attribué à Sidiki Kobélé Keita. On y lit :

« On ne peut pas corriger l’histoire d’un pays, les faits sont têtus. Une plaie masquée n’est pas une plaie guérie. Pour avoir toujours masqué la nôtre, celle-ci a fini par se gangrener. »
Sidiki Kobélé Keita

Le contexte de ces citations manque. Cela est peut-être normal pour la plupart des auteurs mentionnés. Cependant la dernière note fait exception du fait même de sa source. En conséquence, ma réaction à l’opinion de M. Keita est la suivante :

Tel quel, le passage donne une impression d’objectivité. En réalité, la citation déguise l’intention manipulatrice de son auteur. Celle-ci se révèle dans toute son ampleur et sa nocivité à la lecture des livres de M. Keita. C’est donc tout le contraire qui se passe. Et Sidiki Kobélé Keita fait l’opposé de ce qu’il prêche ici.

Lire Point de vue caduc et falsificateur :
Première partie et Deuxième partie

On sait notamment qu’il tente maladroitement et vainement depuis des décennies de réécrire l’histoire coloniale et post-coloniale de la Guinée à la gloire de son idole, Sékou Touré. Au mépris et en violation des principes, concepts et méthode de la discipline historique, dont il se réclame, mais que nombre d’intellectuels lui dénient.

Car tous les chercheurs qui l’ont approché, ont déploré la superficialité, la subjectivité, le ton militant et le langage polémique de ses ouvrages : Jean-Suret Canale, Djibril Tamsir Niane, Ibrahima Baba Kaké, André Lewin, etc.

En 2003, Aminata Barry, fille de Diawadou Barry, intenta un procès en diffamation contre Sidiki Kobélé Keita. Les séances du Tribunal de Première Instance de Conakry furent houleuses et révélatrices de l’approche non-orthodoxe de Kobélé, du ton agressif et dérogatoire de son style, ainsi que du contenu partisan de ses écrits, qui se cantonnent générement dans l’historiographie et la biographie politiquement biaisées, et les attaques ad hominem. Autrement dit,  au lieu de chercher à décortiquer le texte  et à réfuter le message des adversaires politiques du PDG, M. Keita préfère s’en prendre aux messagers, dont il met en cause la moralité, et qu’il accuse — en termes irrévérencieux, indécents et inacceptables— des tous les péchés capitaux de Guinée.

N’eût-été l’immixion directe, illégale et dictatoriale de Lansana Contéqui ordonna la suspension sine die de la phase finale du procès—, le magistrat s’apprêtait à rendre un verdict favorable à la plaignante, et négatif pour Kobélé, qui frôla une forte amende et peut-être la prison…

Les dossiers, je l’espère, dorment toujours cependant dans les archives du système judiciaire guinéen.

Toutefois, je ne perd pas un seul instant de vue que, bien qu’elle soit — constitutionnellement et théoriquement — co-égale et paritaire de l’Exécutif et du Législatif, cette branche du pouvoir d’Etat a, depuis 1959, sombré dans l’anarchie. Vidée de sa raison d’exister, elle est devenue dysfonctionnelle, corrompue et soumise aux caprices et diktats du président de la république, sans exception, du premier (Sékou Touré) à l’actuel (Alpha Condé).

Tierno S. Bah

Donka, radioscopie d’un hôpital africain

Réalisé bien avant l’epidémie Ebola, ce film est plus d’actualité que jamais. Il met le doigt et fixe l’oeil sur la faillite du système de santé en Guinée post-coloniale. — T.S. Bah

Donka, un film documentaire de Thierry Michel (1996, 2013)

La vie au quotidien à l’hôpital Donka, le plus grand centre hospitalier  Conakry.
Durant 6 semaines, le réalisateur a suivi d’étage en étage, de service en service quelques malades et leur famille, des médecins, des infirmiers. Les portraits s’alternent dans une chronique de vie faite de tragique et d’espoir, où chacun essaie de s’en tirer “coûte que coûte”.
Dans cet hôpital du dernier recours, les familles espèrent sauver leur enfant, leur parent. Mais sans argent, pas de médicament, et peu de chance de survie.
Le film interroge l’état des structures hospitalières africaines et témoigne de la lutte de médecins décidés à relever le défi de la santé publique dans l’Afrique d’aujourd’hui.

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Les Films de la Passerelle

Fondés en 1984, les Films de la Passerelle se sont rapidement orientés vers la création documentaire de films engagés dans des problématiques

  • sociales (univers carcéral, respect des droits du travailleur, sidérurgie, Gender)
  • humanitaires (intervention en Somalie, hôpitaux africains)
  • politiques (dictature au Zaire, en Iran).

Une volonté d’intervenir sur les consciences avec une réflexion permanente sur les rapports Nord/Sud :

  • Gosses de rue et favellas au Brésil
  • Colons au Zaïre (actuelle RDC)
  • musique reggae en Afrique de l’Ouest, etc …

Ses productions sont généralement financées par des partenaires européens.

En 1996, les Films de la Passerelle ont reçu le prix du meilleur producteur de l’Union Européenne pour la production du film “Donka, radioscopie d’un hôpital africain”.

La plupart de ces films ont été sélectionnés et primés dans de nombreux festivals de renommée internationale et diffusés par les télévisions des cinq continents.

Convaincue de l’importance de la culture dans la recherche du développement humain durable et travaillant beaucoup en réseau, la société met également son expertise au service de cinéastes du Nord et du Sud, s’inscrivant ainsi dans une perspective de valorisation des cultures du monde.

En déclinant son action aussi sur le terrain de la formation professionnelle, de la distribution audiovisuelle, de l’édition (Livres et DVD) et de la circulation d’artistes, la structure souhaite participer aux nécessaires développements de l’économie culturelle et s’inscrire à long terme dans une politique de dialogue permanent des cultures.

Christine Pireaux, productrice, Les films de la passerelle
Christine Pireaux, productrice, Les films de la passerelle

Thierry Michel, cinéaste, Les films de la passerelle
Thierry Michel, cinéaste, Les films de la passerelle

Thierry Michel est un réalisateur Belge de cinéma. Il est essentiellement un cinéaste de documentaires politiques et sociaux. Basé  à Liège, il travaille en collaboration avec Christine Pireaux, productrice, dans le cadre des activités de la société cinématographique Les films de la passerelle.

 

Portail d'entrée de l'Hopital Donka, Conakry

L’hôpital Donka vu-par un cinéaste

Cette plongée dans le quotidien de l’Hôpital Donka, le plus grand hôpital de Guinée témoigne de la terrible contradiction existant entre le coût de la médecine occidentale et le niveau de vie africain. Les patients souffrent et meurent car leurs familles ne peuvent les prendre en charge financièrement.
Ce film documentaire de Thierry Michel retraçant la vie du plus grand CHU du pays  a été projeté hier 19 mars 2015 sur les écrans du cinéma “Mimo”, dans la commune de Matoto.

Cet hôpital construit sur le modèle européen en 1959, au lendemain de l’accession du pays à l’indépendance, manque aujourd’hui de matériel et de médicaments.
Afin de palier aux carences, les frais liés à une hospitalisation sont payables à l’entrée ; ils représentent entre un cinquième et un quart du revenu mensuel d’un Guinéen.
Les malades y arrivent donc seulement après avoir épuisé toutes les ressources de la médecine parallèle traditionnelle et il est bien souvent trop tard.

Dans ce documentaire, le réalisateur s’attache plus particulièrement à deux enfants en pédiatrie. Avec ses 350 lits et son statut de centre hospitalier universitaire, il a pu faire illusion tant que l’Etat a pu en assurer les salaires et les frais de fonctionnement.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui : l’hébergement et les soins sont payants, les familles des patients sont priées d’aller elles-mêmes acheter dans une pharmacie en ville les médicaments de leurs malades.

Tout le reste est à l’avenant : le centre de réanimation est complètement démuni, les patients ne sont pas nourris, participent aux travaux de nettoyage. Il y a certes eu des tentatives de rénovation avec la junte militaire de Moussa Dadis Camara.

Sur une civière de fortune, un homme gémit de douleur. Une longue plainte déchirée de quelques cris. Ramassé au marché, il a atterri aux urgences de l’hôpital Donka. A côté de lui, l’infirmière reste imperturbable :
— Nous attendons que la famille vienne pour payer les médicaments.
Arrivé à 17h00, l’homme meurt dans la nuit. D’une méningite. Ses proches ne se sont jamais présentés.

Planté à l’entrée de Conakry, capitale de la Guinée, l’hôpital public Donka, barré de ses longues coursives sans fin, est un immense bateau ivre régenté par un tyrannique commandant: l’argent.
Envasé dans un profond déficit, l’établissement a fait le choix d’assurer sa mission de santé publique en rendant les soins payants.  Dès les portes de l’établissement, où se bouscule une foule repoussée par une grille infranchissable, le seul sésame est l’acquittement du prix de la consultation.
Du premier au cinquième étage, au hasard des 350 lits, la caméra filme les mêmes visages mangés par l’inquiétude. Douleur de voir sa fille rattrapée par la mort.
Le médecin chef conseille au père d’aller « à la grande mosquée demander l’aumône ».

Le réalisateur a résolu la question à sa façon. En emportant, dans les véhicules de l’équipe, compresses, seringues, antibiotiques.
— Tout ce qui pouvait permettre de soulager les malades que nous filmions.
Les médicaments sont­ distribués sous l’autorité d’une conseillère médicale présente durant le tournage, mais aussi une fois la caméra rangée. De cette démarche volontariste, Thierry Michel assume les risques:
« Trahir une vérité dont nous ne sommes pas les témoins passifs. »

Aly Badara Condé
Guinée360.com

Loffo Camara : victime-martyre de Sékou Touré

Mme. Loffo Camara, membre du Bureau politique national, prononce une allocution au 5e congrès du Parti démocratique de Guinée.
Mme. Loffo Camara, membre du Bureau politique national, prononce une allocution au 5e congrès du Parti démocratique de Guinée.

Loffo Camara, infirmière sage-femme, fut l’une des membres pionnières du Parti démocratique de Guinée. Elle devint, en janvier 1963, la première femme à siéger au sein du gouvernement de la République de Guinée. Elle cumula cette fonction avec celle de membre du Bureau politique national du parti.

Quelques jours après l’attaque de commandos de l’armée coloniale portugaise contre Conakry en décembre 1970, Mme Camara fut  arrêtée et accusée de complicité avec les assaillants.

Quelques semaines plus tard, le 25 janvier 1971, cette musulmane qui avait fait son pèlerinage aux Leux Saints,  fut sommairement exécutée par un escadron de la mort qui la cribla de balles à b out portant, elle et ses co-suppliciés, dont Elhadj Habib Tall, descendant d’Elhadj Oumar Tall, ancien député, ancien vice-président de l’Assemblée Territoriale/Nationale (1957-1960), ex-directeur de cabinet du ministère de la Défense et de la Sécurité (de 1961 à 1963 sous Fodéba Keita), ex-gouverneur de Conakry.
Dans sa volonté effrénée de réécrire l’histoire politique de la Guinée, Sékou Touré colla, après le référendum du 28 septembre 1958, l’étiquette “Indépendant” à Barry III et à Habib Tall.
En fait, ces deux victimes programmées, étaient bien ancrées dans leur formations respectives, et rivaux effectifs du PDG. Ils avaient battu le parti de Sékou Touré dans leurs fiefs : Tall Habib, leader de l’Union des Toucouleurs à Dinguiraye et Barry III, dirigeant de la Démocratie Socialiste de Guinée (DSG) affiliée la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) à Pita. Leur victoire empêcha le PDG de rafler toute la mise et de se contenter de 57 sièges sur 60, Barry III ayant obtenu deux postes et Habib Tall, un. Pour Sékou Touré, qui avait depuis longtemps developpé, sa conception totalitaire et pathologique du pouvoir, ses deux concurrents avaient commis un “crime”.

Quartorze ans plus tard, il ruminait toujours sa vengeance. Il l’aassouvit finalement en les faisant assassiner en janvier 1971, après un simulacre de procès en leur absence et un total déni de justice pour eux et leurs co-accusés.

Le peloton d’exécution comprenait un de ses anciens collègues, Mamadi Keita, professeur de philosophie, membre du Bureau politique et ministre, demi-frère adoptif d’Andrée Touré.

[Lire Du slogan éploré au combat justicier]

De gauche à drote, Mmes Loffo Camara (à côté du secrétaire au bonnet blanc), Jeanne-Martin Cissé, Mafori Bangoura (au micro) à Conakry, circa 1962
De gauche à drote, Mmes Loffo Camara (à côté du secrétaire au bonnet blanc), Jeanne-Martin Cissé, Mafori Bangoura (au micro) à Conakry, circa 1962

 

Gouvernement de Guinée, 3 janvier 1963. Mme Loffo entre dans les annales de l'Histoire en devenant la toute première ministre de la Guinée post-coloniale. Sur la photo, au premier rang, Sékou Touré, président de la république et chef du gouvernement. 2e rang, de g. à drr. Fodéba Keita, Moussa Diakité, Louis Lansana Béavogui, Saifoulaye Diallo, Mme Loffo Camara, Balla Camara, Alpha Amadou Diallo; 3e rang, de g. à dr. Alassane Diop, Fodé Cissé, Dr. Roger Najib Accar, Dr. Seydou Conté, Sory Barry, Ismael Touré, 4e rang, de g. à dr. Fodé Mamoudou Touré, Ibrahima Barry III, NFamara Keita, Abdourahmane Dalen Diallo,
Gouvernement de Guinée, 3 janvier 1963. Mme Loffo entre dans les annales de l’Histoire en devenant la toute première ministre de la Guinée post-coloniale. Sur la photo, au premier rang, Sékou Touré, président de la république et chef du gouvernement. 2e rang, de g. à drr. Fodéba Keita, Moussa Diakité, Louis Lansana Béavogui, Saifoulaye Diallo, Mme Loffo Camara, Balla Camara, Alpha Amadou Diallo; 3e rang, de g. à dr. Alassane Diop, Fodé Cissé, Dr. Roger Najib Accar, Dr. Seydou Conté, Sory Barry, Ismael Touré, 4e rang, de g. à dr. Fodé Mamoudou Touré, Ibrahima Barry III, NFamara Keita, Abdourahmane Dalen Diallo,
Mme. Camara Loffo, quelques jours avant de tomber sous les balles d'un peloton d'exécution commandité par Sékou Touré le 25 janvier 1971
Mme. Camara Loffo, quelques jours avant de tomber sous les balles d’un peloton d’exécution commandité par Sékou Touré le 25 janvier 1971

Mme. Loffo fut abattue le même jour —et peut-être dans le même lot — que son frère, Sékou Camara, ancien gouverneur de région, ancien ambassadeur, membre-pionnier du PDG, premier secrétaire général (avant la création des fédérations) de la sous-section de PDG-RDA de Labé.
Je souhaite qu’un jour les rapports et l’acharnement de Sékou Touré contre Beyla, à travers ces deux fils de cette région, soient documentés.
En attendant, je rappelle que Beyla fut, en 1953,  le premier poste électif de Sékou Touré, qui en devint le conseiller après la mort —subite voire suspecte — du titulaire, Kaman Camara. Félix Houphouët-Boigny, président du RDA, et Bernard Cornut-Gentil, gouverneur général de l’Afrique occidentale française (Dakar) firent le déplacement afin de battre campagne localement pour Sékou Touré.

Camara Sékou
Camara Sékou

Sékou Camara précéda indirectement Samba Safé Barry à ce poste. Tous deux périrent dans les geôles de Sékou Touré.

[Sur les relations homosexuelles présumées entre Sékou Touré et Bernard Cornut-Gentille, lire André Lewin, Ahmed Sékou Touré (1922-1984). Président de la Guinée de 1958 à 1984. Vol. 1, chapitre 15 et chapitre 16]

Le successeur immédiat de Sékou Camara à la sous-section de Labé, feu Amadou Teliwel Diallo, fut jugé et condamné à une peine de prison avec sursis sur ordre de Sékou Touré à la fin des années 1970. Beau-frère de Saifoulaye Diallo, transfuge du B.A.G. de Diawadou Barry au PDG à l’élection législative de 1957, il était greffier au parquet et fut l’un des rédacteurs de la Constitution de 1958.

Barry Samba Safé, instituteur, succesivement secrétaire fédéral de Labé, gouverneur de Kankan, où il fut arrêté en 1972. Il succomba à la torture par <a href="http://www.campboiro.org/victimes/cisse_emile.html">Emile Cissé</a>, qui le découpa vivant au Camp Soundiata Keita. C'est  ce qui explique la publication d'une photo civile et non celle du prisonnier portant l'ardoise.
Barry Samba Safé, instituteur, succesivement secrétaire fédéral de Labé, gouverneur de Kankan, où il fut arrêté en 1972. Il succomba à la torture par Emile Cissé, qui le découpa vivant au Camp Soundiata Keita. C’est ce qui explique la publication d’une photo civile et non celle du prisonnier portant l’ardoise.

Plusieurs secrétaires fédéraux de Labé souffrirent de la détention et de la torture sur ordre de Sékou Touré. Parmi eux, Elhadj Amadou Laria Diallo (oncle de Saifoulaye Diallo), Elhadj Mamadou Labiko Diallo, (ami d’enfance et promotionnaire de Saifoulaye), Elhadj A. Baldé Tayre, etc.

 Tierno S. Bah

Politique et Chronique du Fuuta-Jalon

Amadou Dioulde Diallo
Amadou Dioulde Diallo


Amadou Diouldé Diallo a animé le 15 novembre 2014 à Paris une séance de “sensibilisation” historique et culturelle devant une audience du Fuuta. Enregistrée dans la vidéo ci-dessus, la durée de la prestation est de 2 h. 13 min. 49 sec.

La session commença par la présentation de la carrière journalistiques de M. Diallo et ses affiliations professionnelles, passées et présentes.
Prenant la parole ensuite, l’orateur a tenu à camper son irruption subite dans le débat politique ambiant en Guinée. Il a précisé que son activité conférencière date d’un an environ, certes. Mais ajouta-t-il, ses connaissances sont ancrées dans l’héritage familial et dans sa généalogie, qui inclut aussi bien les griots Fulɓe (Awluɓe / Farba) que leurs collègues Mande (Jeli / Fina).
La précision est importante. Elle se confirme dans la performance verbale d’Amadou Diouldé, en qui je retrouve le contrôle du geste, le ton mesuré, la face intelligente d’un ête pétri d’informations, ouvertes et secrètes. Le sourire est esquissé, mais l’éclat de rire est absent. Ce type de comportement linguistique permet de se concentrer, et de ne pas perdre le fil du discours.
Amadou Diouldé Diallo utilise les techniques oratoires des Farba du Fuuta-Jalon. Sa prestation prouve à souhait qu’il appartient au groupe, de plus en plus restreint, des détenteurs de ce précieux héritage. Jadis transmis au sein d’une caste fermée, cet art verbal et ce trésor de connaissances semblent évoluer et s’ouvrir à travers les alliances matrimoniales.

M. Diallo ajoute sociologue à son titre de journaliste. En vérité, à cette étape initiale, il est plutôt un chroniqueur compétent. La sociologie historique existe, certes. Mais en général, elle se concentre davantage à l’étude des phénomènes synchroniques, c’est-à-dire courants, qu’à ceux diachroniques, c’est-à-dire relevant de l’évolution historique. Se spécialisant dans l’étude du collectif et de l’individu, cette discipline évolue à la fois sur le plan théorique et dans le domaine pratique. Dans ce dernier cas elle applique des méthodes d’enquête qualitatitives et quantitatives élaborées : recherche de terrain, échantillonage statistique, etc. Autant d’outils qui font défaut à la présentation d’Amadou Diouldé.

Le verbe et la verve d’Amadou Diouldé sont, une fois de plus, empreintes du style discursif des Awluɓe. J’ai pu, dans mon enfance, apprécier les facultés de mémoire et goûter aux merveilles oratoires de ces maîtres de la parole au Fuuta-Jalon. En effet mon père, Tierno Saidou Kompanya, fut chef de canton de Koubia de 1936 à 1957. Et sa famille a ainsi été exposée à la présence agréable de ces compagnons appréciés, de ces confidents sûrs, tour à tour diplomates et historiographes.
Je citerai notamment Farba Oumar Bagata Dieng, le griot attitré de mon père, mais aussi Farba Mamadou Bendiou Dieng, Jan Madina Gawlo, Jan Aissata Gawlo, etc.

[Lire L’Epopée (Asko) d’Alfa Abdourahmane Koyin
par Farba Ibrahima Njaala et Farba Abbaasi
,
qui relate la guerre victorieuse du Fuuta-Jalon contre
Janke Wali, roi du Ngabou. C’était sous le règne
d’Almami Oumar, père d’Almami Bokar Biro]

[Kouyaté Sori Kandia chante ici la version mandingue dans Kèddo]

Toutefois, il faut placer les Awulɓe dans le contexte général du Fuuta-Jalon. En effet dans l’état théocentrique islamique Fuutanien, les Awluɓe formaient un ensemble plus vaste de créateurs littéraires, et où évoluaient les Seeremɓe (ou cernooɓe) et les Nyamakala (ou troubadours).

 [Au sujet des Nyamakala lire l’inteview de Katharina Lobeck
(en anglais) sur webFuuta]

Les Seeremɓe et les Awluɓe produisaient la chronique évènementielle, la biographie personnelle, la hagiographie (ou narration poétique de la vie des pieux et saints), les chaînes généalogiques, la chronologie étatique.

Les Seeremɓe dominaient la littérature écrite Ajamiyya Pular. Les Farba, eux, brillaient dans leur genre littéraire spécifique, le Asko. lls y composaient les textes mythiques, historiques, les épopées et les récits héroïques. Mais il arrivait aux plus instruits des Farba de produire une version écrite de leur inspiration orale.

Dans Chroniques et Récits du Foûta Djalon, Alfâ Ibrâhîm Sow cite l’exemple de Farba Ibrâhîma Seck ou Farba Paris, qui composa l’ode à son maître, après l’avoir accompagné pour une visite officielle à Paris dans les années 1950. Ce seigneur, en l’occurrence, était Alfa Bakar, chef de Diari et à l’époque doyen des chefs de canton du Fuuta-Jalon, neveu et disciple de Tierno Aliou Ɓuuɓa-Ndiyan, promotionnaire de l’imam de la Mosquée Karamoko Alfa, Tierno Siradiou — mon oncle maternel, parrain et maître d’ecole coranique —, cousin de ma mère, et père de Saifoulaye Diallo.
A.I. Sow écrit :

« Farba Ibrâhîma termine son épopée par les mots :
« karambol deƴƴhii ɗoo : Ici, la plume se tait. »

Et le grand publiciste du Pular/Fulfulde conclut :

« Cette fin montre bien, s’il en est encore besoin, que l’œuvre de Farba Ibrâhîma était, à l’origine, une œuvre écrite. »

Défense et illustration du Fuuta-Jalon

Amadou Diouldé Diallo semble donc relativement bien armé pour se lancer dans une croisade conférencière dont le but est la défense et illustration du Fuuta-Jalon et des Fuutanke, au sens large du terme.

Il précise que son action est en réalité une réaction visant à contrecarrer les manoeuvres politiciennes du président Alpha Condé et de son allié de circonstance, Mansour Kaba.

Il est mandaté, déclare-t-il, pour son périple par le président de la coordination haalpular du Fuuta-Jalon, Elhadj Shayku Yaya Barry.

La performance de M. Diallo est honorable. Cependant son discours devrait être livré en Pular. Quitte à rédiger et distribuer une version abrégée traduite en français dans la salle pour permettre aux membres de l’audience non-fluents en Pular, de saisir l’essence de ses propos. En utilisant le Pular il pourra mieux imiter —et peut-être émuler — Farba Kendo Sow, de Kakoni, son grand-père et maître. De cette façon, il pourra cultiver et polir son Pular maternel, y puisant des ressources puissantes : proverbes, anecdotes, adverbes d’emphase, intonation, formules oratoires, etc.

Temps faibles de la conférence

M. Diallo commet une démarche méthodologique fondamentale. A cela s’ajoute des affirmations matériellement fausses et intellectuellement inacceptables.
La faiblesse centrale de la conférence paraît dans toute sa nudité lorsqu’il se borne à comparer Lansana Conté et Alpha Condé. Pis, il fait l’apologie et tente de réhabiliter le tyran que fut l’ignare et défunt Général-paysan.

[Lire Opposition et majorité : bonnet noir et noir bonnet]

Cette double myopie conduit à des silences lourds et pesants sur :

  1. Sékou Touré, sa dictature son complot contre les Peuls et le mouroir du Camp Boiro
  2. La cruauté de Lansana Conté à l’égard de communautés fulbe établies à Conakry. Ainsi, à la fin des années 1990, face à la rivalité politique Fulbe (notamment du tandem Mamadou Bâ- Siradiou Diallo), Lansana Conté ordonna la destruction des maisons privées bâties à Kaporo-Rails, sans aucun dédommagement. La plupart des habitants de cette cité étaient des Fulbe. Tout comme Dr. Alfa Ousmane Diallo (un de mes promotionnaires du lyçée et de l’Université) à l’époque ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, qui exécuta l’ordre présidentiel avec zèle. Comme si les victimes n’étaient pas des citoyens et, de surcroît, des membres de sa “race”. De coquettes villas et leur mobilier furent complètement rasées. Des familles entières se retrouvèrent sans abri. Il fallut l’intervention de Kadidiatou Seth —qui a une éducation Pullo— pour arrêter les dégats. Trop tard. L’irréparable avait été commis.
    Ibrahima Sori Diallo est le chef de l’une de ces familles spoliées. Terrassé par la perte immobilière —fruit de pénibles économies d’enseignant— il est devenu depuis aveugle. Je l’ai vu en 2003 à Cosa. Il tenait le bâton de guidage d’une de ses fillettes. L’image de ce jeune  professeur d’anglais fringant et élégant, originaire de Lelouma, me revint à la mémoire et m’envahit. Je ne pus m’empêcher de verser des larmes…
  3. Le silence sur l’hostilité de Conté à l’encontre des commerçants et cadres Fulbe. Par exemple, pour davantage piller les ressources financières de l’Etat, Lansana Conté commença au début du millénaire à appuyer, tous azimuts, les activités de Mamadou Sylla, alors un jeune négociant Jakanke de Boké. En trois ou quatre années, M. Sylla  acquit, pour son patron et lui-même, une fortune immense. Mais la promotion de Mamadou Sylla servit également de contrepoids au rôle et à l’influence des commerçants Fulbe —notons qu’ils préfèrent le titre d’opérateurs économiques. Conté était libre de choisir de nouveaux associés. Mais il devient condamnable lorsqu”il se sert de son pouvoir pour humilier ses alliés Fulbe, qui ne demandaient pourtant qu’à lui obéir. Ainsi, en 2003, à l’occasion d’une cérémonie radio-télévisée à laquelle il avait invité les commerçants Fulbe, il leur refusa les sièges vides devant lui et les força à s’accroupir au sol autour de lui et devant la caméra.
  4. les créatures de Conté que sont Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté. Or c’est ce dernier qui a profité de l’élimination de Dadis pour imposer Alpha Condé à la présidence, par la violence, la fraude massive , la corruption et les trucages. Conté limogea ou mit à la retraite tous les officiers Fulɓe pour éliminer toute rivalité contre Dadis et mieux faciliter la prise du pouvoir par ce dernier.
  5. Le refus de constater que les cinq présidents de la république de Guinée (Sékou Touré, Lansana Conté, Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté, Alpha Condé) sont tous pareils, du premier à l’actuel. Ce sont, au mieux, des autocrates criminels,  et au pis, des dictateurs sanguinaires

Ensuite, l’auteur s’appuie sur des hypothèses non-fondés et des clichés bien connus de l’historien et de l’anthropologue. Je me contenterai de citer :

  1. le traitement sommaire et sans fondement de l’Antiquité. M. Diallo prend la Basse Egypte comme point d’origine des Fulɓe. Cela reste à démontrer (CQFD).
  2. La reproduction mécanique de l’idéologie orientaliste et des stéréotypes Arabo-musulmans. Ici, l’artifice principal consiste à attribuer aux Fulbe une origine arabe tout à fait artificielle. Il s’agit en effet d’une stratégie idéologique utilisée par les élites des peuples convertis à l’Islam, en Asie comme en Afrique. Même hypothétique —voire fantaisiste— une descendance généalogique remontant au Prophète de l’Islam confère de la légitimité. Elle étend une aura de prestige voire de sainteté aux bénéficiaires. Mais Islam et Arabité ne sont pas synonymes ; tous les Arabes ne sont pas musulmans. Et tous les Musulmans ne sont pas Arabes.
  3. l’hypothèse non-vérifiée de l’animisme ou fétichisme des Pulli, qui en réalité pratiquaient le monothéisme en Geno, le Créateur Eternel, des millénaires avant l’arrivée des conquérants Arabes musulmans. [Lire Fulbe and Africa]
  4. la référence à 1490 comme début de la dynastie des Koliyaaɓe (ou Deeniyaaɓe) . En réalité,celle-ci date du 12e siècle, c’est-à-dire immédiatement après la victoire de Soundiata Keita sur le Gâna et le Tekrour.
  5. L’annonce du ralliement d’une délégation de Tutsi et de Hutus à l’aire de civilisation Fulbe/Halpular. Cette révélation relève de l’affabulation. Même si elle  paraît amusante. elle est franchement ridicule.  Le conférencier devrait éviter de brandir et de chatouiller le chauvinisme culturel. Il devrait respecter la politesse et la patience de son auditoire, et se garder d’abuser de la crédulité   et de la naiveté  supposées de celui-ci.
    Pour prouver qu’il ne se contente pas de propager une fausse nouvelle, il doit en fournir les détails, en précisant la date, le lieu, le noms des participants à la cérémonie.
    Sinon, comment explique-t-il que des prétendus représentants de ces deux ethnies retrouvent soudain leur solidarité au sein du Pulaaku, eux dont la rivalité absurde a conduit au Génocide Rwandais en 1994.
  6. L’injection d’une question-clé que l’orateur ne traite pas du tout. Lui, le spécialiste, il laisse ainsi l’audience dans l’ignorance d’un point central de sa présentation. En effet, il interroge à plusieurs reprises : Qui trahit Samori en s’alliant aux envahisseurs Français ? Ni lui, ni personne parmi les participants, ne répond. En bien, il s’agit de Daye Kaba, vraisemblablement un aïeul de Mansour Kaba. Le même personnage qui cherche à exploiter le conflit entre l’Almami Bokar Biro et ses pairs aristocrates du Fuuta-Jalon.

[Lire Ibrahima Khalif Fofana. L’Almami Samori Touré. Empereur. Chapitre 9. La résistance aux troupes coloniales
Archinard et Daye Kaba
]

A suivre

Tierno S. Bah

Simandou, justice et rancoeur vaine

Publiés sur Aminata.com un certain Ibrahima Sory Touré a tenu des propos désobligeants et discourtois, qui dénotent la rancoeur, la mesquinerie, la perfidie, la méchanceté et l’ingratitude. En effet, dans le malheur, il se désolidarise, rejette et condamne sa demi-soeur, Mamadie Touré, qui fut la compagne du Général-Président Lansana Conté. Ce faisant, il apporte de l’eau au moulin de Beny Steinmez dans le scanndale des contrats miniers du Simandou. En effet le patron de BSGR avait, lui aussi, jeté un doute sur la relation conjugale entre Mme Mamadie et le défunt dictateur.

Mais la sorte verbale de M. Touré est tardive et vaine.

Et c’est dommage que Le Populaire — le journal de Conakry à la source de l’interview de M. Touré — n’ait pas cherché à vérifier les accusations auprès de sources tierces. Cela lui aurait permis  d’étoffer l’article et d’éclairer les lecteurs sur les querelles de famille et l’hostilité du sieur Sory contre sa parente.

Le journal aurait dû aussi corriger le titre en conjuguant le verbe au passé, car il ne saurait y avoir de mariage entre une personne morte et un être vivant. La relation conjugale prit fin à l’instant même du décès du vieux Général.

Ibrahima Sory semble évoluer en vase clos. Ainsi, il ne mentionne guère l’intervention de gouvernements étrangers visant à dénouer l’écheveau d’intrigues et de corruption entourant le dossier du Simandou, de 2008 à 2010.

Ainsi, par exemple, la justice de la Confédération Helvétique a ouvert une enquête à Genève.

Et les autorités fédérales américaines n’y sont pas allé de main morte. Dès que le FBI a constaté la violation de la loi dénommée Foreign Corrupt Practice Act, qui réprime la corruption étrangère sur le territoire US, les branches exécutive et judiciaires sont entrées en action. Depuis 2012, le scandale du Simandou a reçu l’attention qu’il mérite. Grâce à la diligence de la justice, les choses se sont précipitées et précisées ici aux Etats-Unis.
En conséquence, l’un des principaux acteurs impliqués dans l’affaire, le Français Frédéric Cilins, purge une peine de prison depuis l’année dernière.

[Lire Frenchman Cilins Gets Two Years ]

De même, les autorités fédérales ont procédé à la saisie des biens de Mme. Mamadie Touré en Floride. Elle a accepté aussi de coopérer avec le FBI dans la poursuite de l’enquête.

[Lire Florida Homes of Lansana Conté’s Wife Seized]

De son côté, flairant les risques pour ses activités, Beny Steinmetz a embauché des personnalités de poids comme consultants. Il s’agit de :

  1. Joe Liberman, ancien sénateur à la retraite de l’Etat du Connecticut et ancien candidat à la vice-présidence ; il fut le co-listier du candidat démocrate Albert Gore à la Maison Blanche en 2000,
  2. Louis Freeh, ancien directeur du FBI.

Du côté guinéen qu’a fait la justice  ? Que peut-elle faire aujourd’hui ?  Qu’envisage-t-elle de faire ? Réponse :  trois fois rien vraisemblablement.

Au lieu d’imiter le professionalisme et la probité des institutions étrangères, le régime du Président Alpha Condé — empêtré dans l’incompétence —  a fini par libérer M. Touré et ne semble plus s’interesser aux racines et ramification locales du contentieux. Ceal permet à Ibrahima Sory de se livrer à toutes sortes d’insinuations.
Mais ses déclarations n’atténueront pas et n’effaceront pas sa implication présumée dans le scandale.
D’une part, il semble croire que l’énormité de l’escroquerie se ramène à des conflits de personnes et de famille. D’autre part, il évoque le rôle d’Alpha Condé. A propos de ce dernier, M. Touré divague sottement lorsqu’il suggère que l’actuel président aurait pu être le parrain du mariage de Lansana Conté et de sa demi-soeur !! La démarche est gauche, désespéré et stupide, car M. Condé n’était pas au pouvoir en 2007-2008.

Ibrahima Sory devrait se livrer à un examen de conscience. Il devrait  se repentir pour son rôle —si minime soit-il— dans le vol du 21e siècle que furent les tractations et transactions autour du Simandou.

Hélas, non. Il se complait dans une innocence qui reste à prouver. Et il diabolise sa demi-soeur, aujourd’hui acculée ici en Amérique.

A mon avis, il devrait plutôt la respecter et la soutenir en ces temps d’épreuve et de vaches maigres. Ne serait-ce qu’en reconnaissance pour les avantages qu’il tira de leur consanguinité aux beaux jours et durant les années grasses de BSGR-Guinée.

De toutes les façons, l’Histoire l’a déjà condamné à travers le milliardaire soudanais, Mohamed ‘Mo’ Ibrahim, qui déclara en 2011, à juste titre,  que les Guinéens qui participèrent à la signature du contrat minier du Simandou au profit de BSGR, sont “soit des  idiots, soit des criminels, ou les deux”.
Les Guinéens empochèrent des miettes, certes. En l’occurrence quelques dizanes millions de dollars dispensés par BSGR. Mais peu après le diamantaire Israélien vendit 51% de parts d’investissements au géant brésilien Vale en échange de US $2.5 milliards. Il reçut immédiatement un chèque de US$ 500 millions.

[Lire Mining And Corruption. Crying Foul In Guinea ]

M. Touré a beau jeu de nier aujourd’hui qu’il fut un beau-frère de Lansana Conté.  Il n’en fit probablement pas moins partie du groupe dénoncé par Mo Ibrahim. L’opinion de celui-ci fit le tour de la planète sur Internet. Frappante et adéquate, sa formule résume éloquemment la faillite guinéenne.

Qu’Ibrahima Sory Touré en soit conscient ou pas, peu importe.

Les mots de “Mo’’ sonnent comme un verdict. Et ils pourraient  coller à la face et au dos de M. Touré, et lui convenir comme une paire de gants — ou de menottes.

Tierno S. Bah